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Sarkofrance
Le blog politique d'un citoyen vigilant

Communiquer pour ne rien dire en Sarkofrance
Jeudi 11 mars, Nicolas Sarkozy a parlé violences scolaires et réchauffement climatique, taxe sur les transactions bancaires et enquête sur les produits financiers dérivés. Il a même demandé l'interdiction des transactions spéculatives sur ces dits produits. Jeudi donc, notre Monarque était à nouveau «social»,  «sécuritaire », et « écolo ». A trois jours du scrutin des élections régionales, il communiquait... pour ne rien dire.

Finalement, l’environnement, ça suffit, ou pas ?
Jeudi 11 mars, Nicolas Sarkozy intervenait à une conférence internationale sur la déforestation, organisée à Paris, devant des représentants des pays des principaux bassins forestiers de la planète: Congo, Amazonie et Papouasie-Nouvelle Guinée. A quelques heures du premier tour des élections régionales, cette intervention publique sur un thème écologiste était bienvenue pour le président français. La semaine dernière, l’opération séduction de Sarkozy au Salon de l’Agriculture a heurté les écologistes. Le Monarque a commis une belle gaffe, en déclarant que «ces questions d'environnement (...) ça commence à bien faire». . Jeudi, la girouette élyséenne a changé son fusil d’épaule. « Sarko l’écolo » était de sortie : « Ce qui est en cause, c'est tout simplement la survie de l'humanité et celle de la planète. On ne va pas renoncer à cet objectif parce que Copenhague a été un exemple de mauvaise organisation! »

Il a surtout réclamé une nouvelle méthode de travail sur le réchauffement climatique. « Si vous faites comme pour Copenhague, vous allez à l'échec, c'est certain ». Critique contre l’ONU à l’issue du sommet de Copenhague, le Monarque a prévenu : « L'ONU est absolument indispensable (...) mais les méthodes de travail doivent changer ». Il a suggéré que les 28 signataires de la déclaration (minimaliste) finale de Copenhague se constitue en groupe de travail pour avancer. Jamais avare de propositions, le président français s’est déclaré une nième fois favorable à une taxation des transactions financières internationales, pour financer la lutte contre le réchauffement climatique et la déforestation : « Je prendrai, avec d'autres, des initiatives au G-20, que la France présidera en novembre 2010, pour que soit rapidement adoptée une taxe sur les transactions financières ». Quelle est valeur de cette nouvelle promesse ? Quasi-nulle. En septembre dernier, Sarkozy faisait la même proposition, avant un autre G20, à l’époque pour l’aide au développement, … et sans plus d’effet. En 2001, le gouvernement Jospin avait déjà fait adopter une disposition dans sa loi de finances pour 2002 prévoyant une taxe sur les transactions de change pour financer l’aide au développement … sous réserves que les autres membres de l’Union Européenne adoptent un dispositif similaire. Neuf ans plus tard, Sarkozy recycle la même idée, cette fois ci pour le climat et les forêts, le tout sur fonds de baisse des fonds alloués à l’Aide Publique au Développement.
 
Communiquer pour ne rien dire
Le président français a également reçu quelques ministres pour discuter des violences scolaires. Pourquoi pas ? C’est après tout son boulot. Mais il fallait qu’il le dise. Communiquer sur la moindre réunion de travail est une vieille exigence de la communication sarkozyenne. En matière d’annonces, la moisson fut maigre. «Nous lui avons fait un premier bilan du plan de sécurisation et de sanctuarisation des établissements scolaires que nous avons mis en oeuvre à la rentrée dernière (...) puis nous avons évoqué la tenue des prochains états généraux de la sécurité à l'école» a expliqué le porte-parole du gouvernement ET ministre de l’Education Nationale Luc Chatel.

C’est tout.

Rien de plus.

Vendredi, les lecteurs du Figaro pourront découvrir un autre exercice de communication politique. Le quotidien de Sarkofrance publie exceptionnellement son supplément magazine un vendredi pour parer aux critiques l’accusant de troubler le jeu électoral. Dans cette interview (électorale) à paraître dans le Figaro Magazine la veille du 1er tour des régionales, Nicolas Sarkozy promet une pause dans les réformes pour la fin de l’année 2011 (« au second semestre 2011, le gouvernement marquera une pause pour que le Parlement puisse, s'il le souhaite, de légiférer »). A cette date, il dira également s’il est candidat ou non à sa réélection. «Je prendrai position à la fin de 2011, en tenant compte d'un certain nombre de critères collectifs et personnels». Quel suspense ! Le Monarque se défend toujours de faire campagne au nom de l’UMP. «Je n'ai pas donné de consigne de vote et je ne le ferai pas. Mais convenez qu'il serait étrange que je sois le seul à ne pouvoir expliquer l'enjeu des élections régionales ». En avril, il promet des mesures importantes sur l’identité nationale. En septembre, la réforme des retraites devra être adoptée. Sur l’état (déplorable) des finances publiques, il botte en touche, et répète les « éléments de langage » habituels : « La vérité, c'est que nous tenons la dépense publique et que c'est la crise qui a fait chuter nos recettes fiscales». Cet argument est faux, mais ce n’est pas grave. La pédagogie est l’art de la répétition, paraît-il. La Cour des Comptes avait relevé, il y a à peine un mois, que la politique fiscale et économique de Nicolas Sarkozy avait aggravé le déficit budgétaire de 0,6 points de PIB depuis 2007, hors impact de la crise sur les recettes fiscales et hors plan de relance. Sarkozy répète aussi que les impôts n’augmenteront pas. Au passage, Nicolas Sarkozy glisse une ancienne – et funeste – idée : la «TVA sociale».

Trois mauvais chiffres, parmi d’autres.
321 500, c’est le nombre d’emplois du secteur privé détruits en 2009 d’après le gouvernement. Ce dernier attribue à l’industrie et la construction les plus fortes baisses. Fidèle à son habitude, la ministre de l’économie Christine Lagarde a trouvé quelques motifs de satisfaction dans le « ralentissement important des destructions d'emploi ». Ce bilan est pourtant nul, comme le rappelle notre confrère Slovar.

2 milliards d’euros, c’est le montant des bonus que les 7750 traders des banques françaises percevront au titre de 2009 : 250 000 euros en moyenne chez BNP Paribas, 245 000 euros chez Crédit Agricole, 214 000 euros à la Société Générale, et 131 000 euros chez Natixis (Banques Populaires/Caisses d’Epargne, dirigée par François Pérol, un proche du chef de l’Etat). Le Monde rappelle que le salaire net moyen annuel des Français s’établissait à 24 000 euros en 2007: « ces primes représentent entre 5 et 10 années de travail » pour le commun des Français. Ces bonus sont 20% supérieurs à ceux de 2008, et à peine 20% inférieurs à 2007, année record.

47%, c’est la cote de popularité de Nicolas Sarkozy auprès des agriculteurs, d’après le baromètre IFOP-Journal du Dimanche de février 2010. Elle était de 87% en mai 2007, suivant le même baromètre. Les proches du président font semblant de ne pas y prêter attention. Mais les militants de droite sont « en plein doute ». Les dérapages xénophobes de certains responsables de l'UMP n'arrangent rien.

Almi sarkozyste, voteras-tu dimanche ?


Total : lacrymo et CRS
Où était Christian Estrosi ?


Total : lacrymo & CRS
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L'UMP dérape, le Figaro n'y peut rien
Qu'il doit se mordre les doigts, rager dans son bureau de l'Elysée, s'énerver en silence ! Que peut penser Nicolas Sarkozy de la débandade actuelle de l'UMP ? Gaffe de Xavier Bertrand, bavure de Gérard Longuet, révélations dans l'affaire Soumaré... les couacs se multiplient. Heureusement, le Figaro est là, et joue à plein, et en vain, la défense de son Monarque. Le journal de Sarkofrance a ainsi publié un article sur l'exaspération de la police contre ... Michèle Alliot-Marie. Le jour même de la grève du corps judiciaire contre la politique sarkozyenne, on appelle cela un contre-feu.

Xavier Bertrand, et son chauffard de l'Intérieur
Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP, se fait il conduire par un fonctionnaire de police ? Il dément. Sa voiture a été flashée à 144 km par heure à la sortie de Pornic après un meeting des régionales. Un gendarme a pourtant confirmé ses dires : «Le conducteur était bien un policier. On ne peut se prévaloir de cette qualité sans présenter une carte professionnelle». Pire, le chauffard de Xavier Bertrand n'aurait finalement pas été verbalisé. Tout est bien qui finit bien en Sarkofrance... « Si vraiment on a été contrôlé, on aurait dû être sanctionné » a ajouté, sans rire, Xavier Bertrand.

Ali Soumaré diffamé, c'est confirmé
Le Canard Enchaîné a publié le casier judiciaire d’Ali Soumaré, la tête de liste socialiste du Val d’Oise. Il est vierge. C’est un résultat facheux pour l’UMP en Ile-de-France. Axel Poniatowski l’avait traité de « repris de justice ». François Delattre, maire UMP de Franconville, avait préféré le qualificatif de «multi-récidiviste chevronné». Quelques jours plus tard, Xavier Bertrand avait expliqué sur CANAL+ que certaines victimes d'Ali Soumaré avaient pu se plaindre...  Les dirigeants de l’UMP ont gravement diffamé Ali Soumaré. Qui les a mal renseigné à ce point ? La piste du STIC (Système de traitement des infractions constatées) refait surface. Un fichier de police mal purgé, qui recense auteurs, victimes, suspects d'infractions, accessibles par des personnels habilités du ministère de l'Intérieur. Cela tombe bien, un policier est tête de liste de l'UMP dans les parages... Mercredi encore, les avocats du maire de Franconville ont expliqué  que ce casier vierge "ne signifie en rien, ni l’inexistence des faits publiés, ni l’absence des décisions de justice intervenues". Tant qu'à couler...

Gérard Longuet et les "bons Français"
Gérard Longuet, autre figure de l’UMP, a fâché tout le monde. A propos de la possible candidature de Mlek Boutih à la présidence de la HALDE, le sénateur UMP de Moselle a déclaré mercredi: « ce n'est pas le bon personnage. Parce qu'il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes » (…) « La Halde, cela veut dire que c'est la France qui s'ouvre aux populations nouvelles. Schweitzer, c'est parfait. Un vieux protestant, parfait ! Si vous mettez quelqu'un de symbolique, extérieur, vous risquez de rater l'opération ». Pour Gérard Longuet, Malek Boutih n’est donc pas suffisamment français pour présider la Halde.

Pour le Figaro, les flics se rebellent
Le Figaro joue à plein son rôle de Pravda sarkozyenne. On croirait certains articles concoctés par l'Elysée, certains sujets suggérés par Franck Louvrier, le conseiller en "com'" de Nicolas Sarkozy. Mardi dernier, vingt organisations représentatives de toutes les professions de la justice s'étaient ralliées derrière un même mot d'ordre : "sauver la justice". Et qu'en pense le Figaro ? Le voici qu'il publie un article sur ces "commissaires de police" qui refusent la réforme proposée par Michèle Alliot-Marie... de la procédure pénale. Le programme est annoncé dès le premier paragraphe:
"Les chefs de police voient rouge avec la réforme de la procédure pénale. Alors que la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, doit recevoir, ce mardi matin, les syndicats de policiers pour une «concertation», Sylvie Feucher, la secrétaire générale du Syndicat des commissaires de la police nationale, pousse ce cri d'alarme : «La Chancellerie est en train de construire, avec son texte, un cheval de Troie qui va livrer la police judiciaire aux mains du ministre de la Justice.»"
Fichtre ! Que se passe-t-il ? Il faut entendre les oppositions de toutes natures à la réforme de la procédure pénale de Michèle Alliot-Marie. Cette dernière envisageait, notamment, de corriger certains défauts liberticides des procédures de garde à vue. La situation est cocasse. Les magistrats s'inquiètent de la suppression du juge d'instruction et de la perte d'indépendance dans la conduite des affaires, et les commissaires de police dénoncent au contraire une «l'OPA des juges». A en croire le Figaro, voici ce que ces derniers dénoncent : toute création ou suppression d'un service de Police Judiciaire devra se faire après «avis du ministre de la Justice». L'avis sera-t-il contraignant ? Non. Seconde inquiétude, les procureurs seront «associés annuellement à la définition de l'ordre des priorités concernant l'exercice des missions de police judiciaire des services». Fichtre ! Les commissaires préfèrent dépendre de leur ministre, qui dépend du Président de la République., que du Garde des Sceaux, qui dépend du Président de la République. Troisième querelle de chapelle, les commissaires s'inquiéteraient de voir les procureurs décider également des moyens à chaque enquête. Ils pourront «lorsque les nécessités de l'enquête l'exigent, désigner les officiers de police judiciaire qui seront chargés de l'exécution de ses instructions». 

Il y a un mois déjà, la même Sylvie Feucher, secrétaire générale du syndicat des commis­saires, demandait à Brice Hortefeux de monter au créneau pour défendre policiers et gendarmes accusés d'abus de gardes à vue, après le cas de cette collégienne arrêtée un matin chez elle: « en ce qui concerne la garde à vue de la collégienne, quel message adresse-t-on aux jeunes ? Vous pouvez faire ce que vous voulez, de toute façon, vous pouvez contester la police. On en a ras-le-bol et on va finir par baisser les bras. »
Sarkozy, le visionnaire.
Reprenons dans l'ordre, avec l'aide de quelques amis blogueurs.

En 2006, Nicolas Sarkozy, probable candidat de l'UMP à l'élection présidentielle de 2007, vante les subprimes, et propose, sur le modèle américain, d'assouplir les règles prudentielles d'emprunt immobilier. Un an plus tard, la crise des subprimes aux Etats Unis précipitent des milliers de familles dans la rue, et provoque une crise financière sans précédent.


En avril 2009, Nicolas Sarkozy propose de rendre constructibles les zones inondables. Les victimes de Xynthia auront tout loisirs de méditer sur cette lumineuse proposition.


Elections : Sarkozy ne pense qu’à un rendez vous, le sien.
Plus le mandat présidentiel se consume, plus les mythes se dévoilent pour ce qu’ils sont : des mythes. L’efficacité sarkoyenne contre l’insécurité a vécu, tant les résultats sont mauvais. Le slogan « travailler plus pour gagner plus » est un vieux souvenir. On n’en a conservé que les défiscalisations des heures supplémentaires, coûteuses pour le budget de l’Etat, inefficace pour l’emploi. L’accession à la propriété grâce à la défiscalisation des intérêts d’emprunt et la mise en œuvre de « subprimes à la Française » n’est restée qu’un vœu pieu. La revalorisation de l’identité nationale a été minée par deux ministres extrémistes et des polémiques nauséabondes. Près de 150 semaines après son élection à l’Elysée, Nicolas Sarkozy n’agit plus que pour son compte. Il fait de la politique, mais n’agit plus en président. A Paris, ses « collaborateurs » réagissent à l’actualité comme des pompiers sous pression par des incendies de forêts à répétition.

Sarkozy n’agit plus que pour sa campagne
Nicolas Sarkozy poursuit sa tournée électorale « clandestine ». Les faits sont têtus : depuis janvier, il se rend une à deux fois par semaine en région, sans prétexte nationale. Samedi, il s’exprimera dans les colonnes du Figaro Magazine, la veille du 1er tour de scrutin. Cette fois-ci dans le Haut-Doubs, il est accompagné de sa tête de liste UMP Alain Joyandet, qui bataille pour décrocher la région Franhe-Compté. En tant que Secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet n’a rien à faire dans ce voyage. Son patron se déplace d’ailleurs pour parler formation professionnelle, une compétence partiellement dévolue aux … régions. Le Monarque a expliqué à son assistance : « Vous allez avoir des choix à faire (...) Ce sont des choix importants. Vous allez devoir choisir l'équipe qui va diriger votre région ». Suprême culot, le Monarque a même osé déclarer « Mon rôle de chef de l'Etat n'est pas de rentrer dans une campagne, qui est régionale et qui aura des conséquences sur l'équipe régionale qui dirigera la région ». Inutile d’y rentrer, il y est déjà ! Maintenant, il veut minimiser l'impact du scrutin. Courageux mais pas téméraire !
« C'est un grand problème français que de confondre tout le temps les échéances. A élections régionales, conséquences régionales. A élections nationales, conséquences nationales.
(…)
Il faut arrêter avec cette instabilité ministérielle où on change les ministres tout le temps, où dès qu'il y a un petit événement on vous demande des initiatives politiques, c'est pas une initiative politique qui vous donne du travail, qui vous donnera la sécurité, qui vous donne une formation»
(...) « Moi j'ai à travailler pour cinq ans. Je dois être à votre écoute mais je ne dois pas confondre les rendez-vous»
Effectivement, le Monarque ne confond pas les rendez-vous. Il ne pense qu’au sien, en 2012. Une sévère défaite au scrutin régional l’handicapera pour la nouvelle séquence électorale qui démarrera au lendemain du 21 mars, celle vers l’Elysée en 2012.

Samedi déjà, sa visité au Salon de l'Agriculture a fait choux blanc. Il est venu trop tard (le dernier jour), trop tôt (avant l'ouverture), et quasiment caché. Cette video rappelle l'ampleur du vide, la répétition des promesses. Nicolas Sarkozy est un tel un lapin Duracell qui s'épuise.


Agriculture :Partage de la valeur : le refrain de sarkozy...
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Des ministres en réaction
Justice, éducation, identité, agriculture, les sujets ne manquent pas où l’on voit des ministres accourir pour réagir tant que faire se peut.

Nicolas Sarkozy aurait pu recevoir des représentants de la profession judiciaire, dont une vingtaine d’organisations ont appelé à la grève et manifestaient mardi à Paris. Ces dernières ont signé un appel unitaire sobrement intitulé « sauver la justice ». Le ras-le-bol est général. Les difficultés matérielles perdurent, l'indépendance de la justice est menacée. La « diarrhée législative » - une expression de Virginie Duval, de l'Union syndicale des magistrats – engorgent tribunaux et prisons. La Garde des Sceaux a reporté l’examen de la réforme de l’instruction. Et les changements annoncés en matière de garde à vue ne règlent pas les excès constatés ces dernières années. Le personnel pénitentiaire critique le manque de moyens et le remplacement des surveillants par des caméras. La video-surveillance semble être la seule réponse (et encore !) en Sarkofrance : quand les effectifs de police et de gendarmerie baissent, le gouvernement tente de répondre par une loi truffée de dispositions « électroniques » (la fameuse LOPPSI II), avec ses caméras, ses mouchards, ses fichiers et autres extensions liberticides. « Madame Alliot Marie ne veut manifestement pas discuter du fond de la réforme qui est la suppression du juge d’instruction sans évolution du statut du parquet et on nous laisse les miettes pour la concertation. Ce qui nous intéresse c’est de parler du cœur du projet :  l’indépendance des magistrats qui vont faire l’enquête » justifiait Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats au micro d'Europe 1 mardi 9 mars.

Le 4 mars dernier, Brice Hortefeux et Bernard Kouchner se sont résolus à signer une circulaire destinée aux préfets, aux ambassadeurs et aux consuls « visant à faciliter les démarches administratives pour obtenir un passeport ou une carte d’identité nationale. » Le gouvernement entend ainsi répondre aux critiques formulées à l’encontre des tracasseries administratives rencontrées par nombre de Français cherchant à renouveler leurs papiers d’identité. Sur son site, il reconnaît, enfin, ces situations ubuesques : « Ainsi, pour leur première demande ou pour un renouvellement de carte d’identité, les citoyens français rencontraient de nombreux obstacles, notamment, celui de prouver leur nationalité, pour peu qu'ils soient nés à l'étranger ou de parents étrangers. » Mais l’assouplissement n’est que partiel: pour obtenir une nouvelle carte d’identité, un passeport biométrique « suffit »…Ce type de passeport n’est attribué que depuis deux ans… Eric Besson, lui, se cache. On parle un peu du retour de Najlae Lhimer , cette jeune Marocaine expulsée manu militari quand elle était venue se plaindre des violences de son frère. Un autre exemple d'une politique du chiffre à bout de souffle.

Lundi, Bruno Le Maire a présenté son plan d’aide aux ostréiculteurs et aux agriculteurs frappés par la tempête Xynthia en région Poitou-Charente. Le ministre de l’agriculture a détaillé l’utilisation des 20 millions d’euros promis la semaine dernière : une première enveloppe de 5 millions d’euros est dégagée pour prendre en charge les cotisations sociales des agriculteurs concernés ou remplacer du matériel Pour le reste, il se contente de « mobiliser » le Fonds national de garantie des calamités agricoles. C’est tout ? C’est tout.

« Il est temps de décréter la mobilisation générale à tous les échelons de l'Éducation nationale ». Il a raison, le ministre de l’Education nationale. On se demande qui gouverne depuis 2002. Luc Chatel est secoué par une cinquantaine de recours déposés par des parents d’élèves qui menacent de porter plainte contre l’Etat à cause de manque de remplacement de professeurs… Pour le gouvernement du « travailler plus », c’est un comble ! En mai 2008, Xavier Darcos expliquait déjà qu’il voulait créer une « agence nationale de remplacement des enseignants » ; une idée enterrée par Luc Chatel l’an dernier. Qu'importe ! Mardi 9 mars, le ministre a donc proposé de recourir à des jeunes retraités et des étudiants pour pallier au manque de profs. Il veut ainsi mettre en place un fichier de contractuels associés qui complèterait à celui des professeurs non titulaires. Cette douteuse proposition émane d’un ministre solidaire des réductions du nombre postes dans l’Education nationale (16 000 en 2010) au motif que ces derniers seraient trop nombreux compte tenu de l’évolution de la population scolaire. Rappelez Xavier Darcos, son prédécesseur. En 2007, il expliquait, pour justifier les suppressions de postes : « En 2008, je suis convaincu qu'il est possible d'améliorer de manière significative le système des remplacements, en particulier pour les personnels enseignants affectés sur une zone de remplacement, mais aussi de résorber rapidement les surnombres d'enseignants dans les disciplines qui n'attirent que peu d'élèves. La combinaison de ces deux mesures donnera naissance à un système plus efficient et permettra, là encore, d'économiser plus de 2 000 emplois. »


Vidéosurveillance dans la cour de récré, derive sécuritaire?
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Enlevement en afghanistan : contre l'oubli !

Enlevement en afghanistan : contre l'oubli !
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Environnement : Sarko le faux écolo se dévoile
OGM, salon de l’agriculture et maintenant nucléaire, sur trois sujets récents, les prises de positions de Nicolas Sarkozy ont de quoi choquer et décevoir la mouvance écologiste. A quelques jours des élections régionales, le pari est dangereux.

Sarko, faux écolo
Quand la Commission européenne décida voici 8 jours d’approuver l’autorisation de distribution par l'Agence Européenne de Sécurité des Aliments d’une pomme de terre génétiquement modifiée par le laboratoire BASF, la France est restée étonnamment silencieuse. Alors que l’Autriche et l’Italie annonçaient immédiatement qu’elles interdiraient cette commercialisation sur leur territoire, les autorités françaises se réfugièrent derrière l’avis attendu du Haut Conseil des biotechnologies (HCB), un collège d'experts créé en 2008. . Les arguments, justifiés ou pas, contre cet OGM sont pourtant nombreux : l’opinion française est défavorable aux OGM ; les analyses fournies sur cet OGM n’ont pas été réalisées de façon indépendante ; des croisements de pommes de terre sans manipulation génétique procurent déjà à ce légume de belles protections. De son côté, BASF se montre prudent, après un lobbying efficace auprès des autorités européennes: « Quatre pays ont indiqué être intéressés par cette pomme de terre génétiquement modifiée destinée à la production d’amidon pour l’industrie. Il s’agit de la Suède, de l’Allemagne, de la République Tchèque et des Pays-Bas. Ce projet ne concerne donc pas la France » a expliqué son responsable environnement dans les colonnes d'un site favorable aux semenciers, animé par Gil Rivière-Wekstein. Ce dernier s'est fait connaître en dénonçant les attaques contre les OGM.

Samedi matin, Nicolas Sarkozy s’est enfin rendu au Salon de l’Agriculture, quelques heures avant sa fermeture. Lors de sa table ronde, dans une cabine marron à l’écart du public et avec certains représentants de la filière, le Monarque eu cette phrase malheureuse à propos des contraintes environnementales imposées à l'agriculture française : «Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d'environnement. Parce que là aussi, ça commence à bien faire». Il a ainsi défendu que les normes environnementales ne soient pas plus dures contre l'agriculture française qu'ailleurs en Europe. Le minimum européen, pas plus ! «Le maître mot, c'est le pragmatisme». Sarkozy plante-t-il le Grenelle de l'Environnement, s'est demandé le quotidien Libération. Son ministre du développement durable est venu à la rescousse de son patron, dimanche sur RTL: «Il ne nous a jamais lâchés sur aucun sujet. C'est même toujours lui qui nous a poussés à aller plus loin» a expliqué Jean-Louis Borloo. Mais du côté des associations qui ont participé au Grenelle, la petite phrase du Monarque ne passe pas.

Le Docteur Folamour
Lundi 8 mars, le président français a prononcé un vibrant plaidoyer pour le développement du nucléaire civil. Il ouvra à Paris une conférence internationale sur l'accès au nucléaire civil organisée par la France.

Depuis son élection en mai 2007, Nicolas Sarkozy a usé et abusé de diplomatie atomique. A chacune de ses visites à l’étranger, il a tenté de promouvoir la filière nucléaire française, et sans se soucier de la stabilité politique des pays concernés, et encore moins de leur régime démocratique : la Libye, l'Algérie, la Tunisie, l'Afrique du Sud, l'Inde, l'Arabie Saoudite, Abou Dhabi, l'Egypte, et même l'Iran ont droit au nucléaire civil, surtout s'il est français.
Or le nucléaire est une énergie qui pose de nombreuses questions. On ne se remet pas d’un accident de centrale. On ne sait pas recycler les déchets. On contrôle mal les adaptations militaires de la technologie civile. Et on oublie souvent que l’énergie nucléaire ne provient pas d’un miracle. Il lui faut de l’uranium, un minerai précieux qu’il faut dénicher, extraire et contrôler dans des pays en voie de développement.

Pourquoi Nicolas Sarkozy insiste-t-il autant ? Primo, la France a des atouts en la matière. Ses entreprises (AREVA, EDF) sont très bien placées. La seule AREVA représente 75 000 collaborateurs et 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le président, comme tous les présidents français, aime défendre les champions nationaux. Ensuite, le Monarque croit avoir trouvé une issue idéologique à un modèle intenable : l’épuisement des ressources naturelles, et les enjeux de pollution qui l’accompagnent, ont décrédibilisé au moins partiellement la perspective d’une croissance économique sans limite. Depuis un an, Sarkozy tente d’être offensif contre le spectre de la décroissance. Il avait confié à Chantal Jouanno, son ancienne conseillère à l’écologie devenue secrétaire d’Etat en juin dernier, le soin de poser les bases de ce que devrait être l’écologie et le développement durable version UMP. Lundi à Paris, il a rappelé sa (déjà) vieille thèse : « Les idéologies de la décroissance sont des idéologies égoïstes qui veulent maintenir les pauvres dans la pauvreté ». dans ce combat, il croit que la promotion du nucléaire lui permet d’éviter toute remise en cause du modèle économique sous-jacent, tout en répondant à la question de l’épuisement des énergies fossiles : « L'énergie nucléaire, couplée aux énergies renouvelables, est seule à même de préserver le climat et doit être développée hors du club de pays riches qu'est l'Organisation de coopération et de développement économiques ».

Le voici donc qui demande à la communauté internationale de se mobiliser pour la propagation du nucléaire dans le monde : « La situation actuelle revient, en fait, à condamner les pays à une énergie plus chère et plus polluante». a-t-il dit. « Exigeons que la Banque mondiale, que la BERD, que les banques de développement s'engagent résolument dans le financement d'une énergie nucléaire civile propre. » Au prix d’une immense confusion affirmée avec le culot monstre dont il a le secret, il n’hésite pas à assimiler le nucléaire aux énergies renouvelables. Aurait-il trouvé une solution au recyclage des déchets ?
Au passage, le Monarque a voulu donner un coup de pouce à la filière française, plantée en janvier dernier par les Emirats Arabes Unis qui lui préférèrent un consortium coréen pour la construction de ses futures centrales: « aujourd'hui, le marché ne classe que selon le critère du prix ». A relire l’histoire de cette échec français, Abou Dhabi a pourtant considéré que la sécurité était équivalente entre les deux projets français et coréen. L’EPR, le fleuron national que la France tente de vendre à l’étranger, pâtit surtout de son prix prohibitif, assorti de ses retards de fabrication dans ses deux seules implantations (3 milliards d’euros de surcoût en Finlande). Sans parler de la critique récente des autorités de régulation française, britannique et finlandaise sur ses normes de sécurité.
Bertrand, Besson, Bachelot : l'UMP souffre enfin en Sarkofrance
Xavier Bertrand sur CANAL+, Eric Besson dans les colonnes du Monde, deux ténors de l'UMP tentaient l'impossible : y croire. L'un doit assumer la déconfiture prévue de son parti, l'autre est contraint de se cacher depuis que son débat identitaire a été cloturé enterré il y a un mois.

Xavier Bertrand souffre sur CANAL+
Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, était l'invité de Dimanche+ sur CANAL+ le 7 mars. Un exercice visiblement difficile. Dimanche+ est une émission qui réussit peu à Xavier Bertrand, contraint d'avaler les couleuvres des virevoltes de Nicolas Sarkozy et sa dégringolade dans les sondages.

Il était mal à l'aise, maladroit, et agacé.

Anne-Sophie Lapix : "Qui est le chef de la campagne UMP ? Nicolas Sarkozy ou François Fillon ?"
Xavier Bertrand, sourire coincé : "Il y a une équipe."
Anne-Sophie Lapix : "Mais qui est le chef ?"
Xavier Bertrand, franchement agacé : "Il y a une équipe."
Anne-Sophie Lapix, toujours souriante : "Mais le chef ?"
Xavier Bertrand : "Il y a une équipe. Mais pourquoi vous intéressez-vous exclusivement à cette campagne ?"

Un peu plus tard, la journaliste interroge le faux patron de l'UMP sur la fausse baisse du chômage : "le président s'est il simplement trompé ?"
Xavier Bertrand (agacé) : "on peut aussi dire autre chose ?"
Et il trouve une parade de mauvaise foi : "le parti socialiste ne nous a pas aidé, au moment du plan de relance." C'est une attaque qu'il a servie dans une interview au Parisien le même jour : "Le PS a été incapable de proposer des solutions à la sortie de crise au niveau national, et pas davantage au niveau régional. Je demande donc aux Français de voter contre le Parti socialiste."

Samedi prochain, à quelques heures du premier tour des élections régionales, Nicolas Sarkozy livrera une grande interview au Figaro Magazine. La manipulation médiatique du scrutin n'a pas de limite. Le ministère de l'Intérieur, dirigé par "l'ami de trente ans" du Monarque élyséen, a fait savoir que Nicolas Sarkozy "avait le droit" de procéder ainsi.

En Sarkofrance, le Monarque a tous les droits, n'est-ce pas ?


Eric Besson, caché
Le ministre de l'Identité Nationale a été contraint de se cacher. Le séminaire intergouvernemental du 8 février dernier voulait clôturer le fâcheux débat sur l'identité national. C'est chose faite. Et Eric Besson a dû s'effacer. Dans un entretien au Monde, il s'en défend : "Etant plus présent dans les réunions locales depuis quinze jours, je me suis moins exprimé au niveau national." Et surtout:

«Je n'ai pas fait le jeu du Front national»

Le ministre veut croire que son initiative n'est pas morte : "Le 8 avril, j'animerai un colloque intitulé "Identités nationales, identité européenne" avec des ministres et intellectuels européens. Avant l'été, un deuxième séminaire gouvernemental se tiendra pour arrêter de nouvelles mesures. Le débat sur l'identité nationale est légitime." Le 2 mars dernier, il a signé le 500 000ème contrat d'accueil et d'intégration, un "machin" mis en place en 2003, par lequel, comme l'a rappelé Eric Besson le 2 mars dernier,  « Le migrant s'engage à respecter les valeurs républicaines qui régissent notre société, à apprendre la langue, à entreprendre activement de s'intégrer à la société française. »

L'heure des comptes a-t-elle sonné ?

Grippe A, échec de classe A
La grippe A a donc coûté la somme astronomique d'un milliard d'euros, pour un fiasco de vaccination inégalé depuis la Libération. Deux commissions d’enquêtes parlementaires travaillent sur le sujet. Le Journal du Dimanche a fait les comptes : les doses de vaccins non annulées (370 millions d'euros), les masques (150 millions d'euros), les antiviraux (20 millions d'euros), les seringues et le coton (8,5 millions d'euros), la campagne de publicité (5,6 millions d'euros), le remboursement aux collectivités locales pour les locaux et les personnes mis à disposition (95 millions), le paiement des 10.000 vacataires (150 millions d'euros), les 65 millions de convocations aux assurés sociaux (28 millions d'euros), l'achat du matériel pour la réanimation des cas les plus graves (5 millions d'euros), le traitement des déchets et acheminement des produits (41 millions d'euros) et les dépenses liées aux consultations de généralistes (145 millions d'euros).

En France, on a compté 302 victimes, moins que pour une grippe classique. 7% de la population a accepté de se faire vacciner. Un milliard d'euros pour quelques millions de vaccinés.

Bravo.
Fonction publique: la logique comptable de Sarkozy
Mardi dernier, Nicolas Sarkozy répétait, répétait, répétait les mêmes arguments...


Au salon de l'Agriculture, Sarkozy s'est donc caché
Une semaine de suspense incroyable. les conseillers du Monarque élyséen cherchaient comment faire venir leur patron au Salon de l'Agriculture sans couacs ni manifestations hostiles. Ils ont finalement trouvé la parade : une arrivée avant le public, très tôt. Puis une table ronde cloitrée dans une cabine à l'écart.

Samedi 6 mars, Nicolas Sarkozy a débarqué au Salon de l'Agriculture à 8h30, par une porte derrière. Sa visite était annoncée pour 9 heures et demi. Mais à 8h30, le président français a pu déambuler tranquillement dans les allées, sans risquer de croiser de visiteur hostile. Le public patientait devant les grilles de l'entrée, Porte de Versailles. Les journalistes n'étaient même pas arrivés. Le Figaro s'en est ému:
"Nicolas Sarkozy est-il tombé du lit ? Le chef de l'Etat est arrivé très en avance sur son programme samedi matin au Salon de l'agriculture à Paris. Alors que rendez-vous avait été donné à la presse à 9h00, pour une arrivée prévue entre 9h30 et 10h00, le président a pris tout le monde de court en arrivant à 8h30."
Sarkozy pu se faire prendre en photo souriant au milieu de quelques agriculteurs. A 8h30, on ne pouvait pas exiger de lui qu'il goute à toutes les rillettes, bières locales et pâtés de terroir disposés sur les stands. La visite du Monarque fut "light". Les services de sécurité étaient "tendus", à en croire le Figaro.

Ensuite, le président s'est enfermé dans une large cabine aux couleurs marron, avec une trentaine de représentants de la profession agricole. Les caméras de la Chaîne Parlementaire étaient là pour enregistrer "l'évènement", retransmis en direct. Aucun journaliste ne fut admis dans l'enceinte. La presse fut invitée à suivre cette rencontre à partir de la salle de presse voisine. Chacun sa cabine !

Ce fut ensuite  l'occasion pour quelques annonces. L'Etat va augmenter l'enveloppe de prêts bonifiés pour les agriculteurs en difficulté de quelques 800 millions d'euros. Le coût réel pour les finances publiques n'est que de 50 millions d'euros. Nicolas Sarkozy a laissé chacun s'exprimer. L'air grave, il avait surtout l'air de s'emmerder. Le contraste était saisissant entre cette discussion "au calme" et l'image habituelle du Salon de l'Agriculture. Quiconque s'est rendu sur place sait combien les allées grouillent de monde, d'animaux, d'animations. Dans la cabine "marron", on n'entendait même pas le brouhaha de la foule voisine.

Samedi, Nicolas Sarkozy paraissait agacé d'avoir été traité de poule mouillée. «Ce n'est pas au nombre de mains serrées qu'on va régler le problème des agriculteurs» a-t-il déclaré, semblant répondre à la visite triomphale de Jacques Chirac la veille, ou à celle de Dominique de Villepin qui dura plus de neuf heures.

Cet "évènement" est illustratif de Sarkofrance, du décalage entre le discours et les actes. Il est même terrible à cet égard. Car au Salon de l'Agriculture, la personne du Monarque, son courage, sa détermination furent prises en défaut. Nicolas Sarkozy aime donner des leçons, fustiger les absents, attaqué les faibles et les anonymes. Au Salon de l'Agriculture, il avait l'occasion unique de faire ses promesses "en public". Même là, il a esquivé.
SARKOZY : "Merci de m'avoir dit merci..."
Mardi dernier, Nicolas Sarkozy s'est surpassé devant une assemblée de fonctionnaires, sélectionnés sur dossier par l'Elysée auprès des administrations locales de l'Aisne. Voici deux videos concoctées par l'excellent Politistution.


SARKOZY : "Merci de m'avoir dit merci..."
envoyé par politistution. - L'info internationale vidéo.

Et encore celle-ci :


Sarkozy : "Soyez fier d'être fonctionnaire..."
envoyé par politistution. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
148ème semaine de Sarkofrance : la poule mouillée du Salon de l'Agriculture
Les élections régionales approchent. Les sondages restent mauvais. Nicolas Sarkozy met les bouchées doubles pour soutenir « ses » listes UMP. Cette semaine fut hyper-active pour le président français. Il fallait faire oublier son absence remarquée au Salon de l'Agriculture. Toute la semaine, on n'a pourtant pensé qu'à ça.

Sarkozy aimait les zones inondables
Lundi, Nicolas Sarkozy s'est précipité dans l'Ouest de la France. Malgré les alertes préalables, la tempête Xynthia a ravagé les côtes et tué 53 personnes. «Une catastrophe nationale» a commenté François Fillon, dimanche soir. L'émotion est énorme. Le président français voulait éviter le syndrome Katrina, du nom de ce cyclone qui, en août 2005, a dévasté la Floride. George Bush avait perdu des semaines avant de se rendre sur place. Dans l'après midi de dimanche, quand le nombre de morts fut annoncé à plus de 40, Nicolas Sarkozy a compris qu'il devait se rendre sur le terrain, caméras embarquées et quelques millions d'euros de promesses dans la poche. On pouvait le voir, dès lundi midi, survolant les zones dévastées comme George W. Bush en son temps au-dessus de la Floride, le visage sombre et sérieux. Il promet alors un «plan digues», un décret sur la catastrophe nationale dès mardi, une table ronde avec les ostréiculteurs, et 3 millions d'euros d'aide d'urgence. Les assureurs évaluent les dommages à 1,2 milliards d'euros. Sur place, Sarkozy s'emporte contre les éléments et les défauts de sécurité: «On ne peut pas transiger avec la sécurité». Vraiment ? On s'interroge en effet sur la politique d'aménagement du littoral, les constructions de logements modestes sur des zones mal protégées, le faible renforcement des digues. Avant cette catastrophe, Sarkozy tenait des propos très différents. Il fallait déréglementer, assouplir, libérer. Pendant la campagne électorale de 2007, Sarkozy promettait d'assouplir la loi Littoral. Une fois élu, il a fustigé la réglementation trop contraignante pour la construction. Pire, en avril 2009, il demandait de »rendre constructible les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l’environnement et au risque».

Comme souvent, comme toujours, il faut une catastrophe et ses victimes pour que Nicolas Sarkozy change de discours.  Pendant une journée au moins, on a oublié son absence au Salon de l'Agriculture.


Sarkozy n'aime pas les autorités indépendantes
Nicolas Sarkozy n'aime pas les contre-pouvoirs. Il l'a même explicitement rappelé au Conseil Constitutionnel lundi dernier:  «Autant la séparation des pouvoirs est indispensable à toute démocratie, autant la notion de contre-pouvoir est étrangère à notre conception de l'Etat et de la République». Tout au plus supporte-t-il les autorités indépendantes quand elles sont dociles. Prenez l'exemple des OGM. Sarkozy ne s'est jamais pressé pour les condamner. Il y a trop d'argent, trop d'emplois. Son Fond Stratégique d'Investissement vient d'ailleurs d'attribuer une belle dotation de 150 millions d'euros au semencier Vilmorin. L'Agence Européenne de Sécurité des Aliments, soutenue par la Commission européenne, a autorisé une patate génétiquement modifiée, un modèle vieux de 12 ans. La coordinatrice du groupe OGM de cette agence vient d'être recrutée par l'un des plus gros semenciers du monde. En France, le gouvernement n'a rien d'autre à dire qu'il attend les conclusions du Haut Conseil des biotechnologies (HCB), un collège d'experts créé en 2008. D'autres pays, comme l'Autriche et l'Italie, n'ont pas attendu l'interdire. L'autorisation de cet OGM est douteuse. Les seules analyses transmises à l'autorité européenne étaient réalisées par le fabricant BASF lui-même.

Quand il s'agit du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) ou de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde), l'indépendance est difficilement supportée par le Monarque. Le CSA a été dépossédé de son pouvoir de nomination des présidents de l'audiovisuel public. Louis Schweitzer rend son mandat de président de la Halde le 8 mars. L'Elysée aimerait y placer le socialiste Malek Boutih, trop ambitieux pour résister, mais trop hésitant pour se décider. Le Monarque souhaite surtout placer la Halde sous tutelle, en la rattachant au futur « défenseur des droits », créé par la réforme constitutionnelle de juillet 2008. La nomination de Malek Boutih permettrait de faire médiatiquement avaler la pilule. Depuis des mois, la Halde subit des attaques coordonnées par l'Elysée. Quand Sarkozy était sur TF1 le 25 janvier dernier, il a violemment taclé Louis Schweitzer, ancien président de Renault, qui aurait accéléré la délocalisation de sa production à l'étranger. Au moment de l'examen de la loi de finances, des députés UMP ont tenté de réduire le budget de la Halde. On appelle cela de la déstabilisation. La Halde a agacé Sarkozy, en promouvant le CV anonyme, ou en soutenant les plaintes d'assurés sociaux contre la subordination des allocations familiales à la régularisation de leurs titres de séjour.

On se souvient aussi de l’annonce, il y a un an déjà, par Nicolas Sarkozy de la suppression du juge d’instruction, puis le rapport de la Commission Léger quelques mois plus tard. L’indépendance des enquêtes judiciaires meurt lentement, très lentement. La Garde des Sceaux fait elle de la résistance ? Michèle Alliot-Marie a décidé de reporter l’examen du projet de loi sur la réforme de l’instruction au premier semestre 2011. Elle préfère que le Parlement examine d’abord la garde de vue, dont les excès ne cessent de créer des polémiques. C'est tout à son honneur. Concernant l’instruction, la Garde des Sceaux a démarré une nouvelle « concertation ». Dans son projet, le parquet ne sera pas plus indépendant qu'actuellement, mais il aura en plus tout contrôle sur la conduite des enquêtes: « Les magistrats du ministère public sont placés sous la direction et le contrôle de leurs chefs hiérarchiques et sous l'autorité du garde des sceaux ». C’est là tout le problème, maintes fois répétés par les opposants à la réforme, syndicats de magistrats et d’avocat en tête. Pour répondre (imparfaitement) aux critiques, Michèle Alliot-marie a proposé de créer un « devoir d’obéissance » à la vérité pour les procureurs, qui, selon ce principe, ne devraient « pas exécuter des instructions individuelles qui seraient contraires à l'exigence de recherche de la manifestation de la vérité et de conduite des investigations à charge et à décharge. » Quelle garantie !

Sarkozy fait campagne
Nicolas Sarkozy ne fait pas campagne. Ce n'est pas son rôle, avait-il expliqué le 25 janvier dernier sur TF1. Nicolas Sarkozy fait campagne, mais ne l'avoue pas. Mardi dernier, il a reçu Valérie Pécresse et son équipe de campagne. Nathalie Kosciuscko-Morizet, qui était présente, ne s'en cache même pas : cette rencontre «était en fait un point de campagne sur le fond». Luc Chatel a loué la « transparence » de son patron. Transparence ? L'hypocrisie n'a-t-elle pas de bornes en Sarkofrance ? Quelques heures plus tard, on apprend que le fichier STIC d'Ali Soumaré, le candidat socialiste du Val d'Oise accusé d'être multi-récidiviste par l'UMP d'Ile-de-France il y a 15 jours, a été consulté une quarantaine de fois.

Mardi, le Monarque s'est aussi rendu dans l'Aisne, en Picardie, une région que la droite espère arracher à la gauche. Il voulait parler de la réforme de la Fonction Publique. Dans la rue, il exhibe Carla Bruni à quelques badauds enchantés. Puis il enchaîne avec une table ronde, et quelques mots doux: « on ne parle pas bien des fonctionnaires. On ne respecte pas assez vos compétences. On ignore les difficultés qui sont les vôtres». L'assistance est docile. L'Elysée l'a sélectionnée sur dossier, et même les questions posées avaient été préparées à l'avance. Jeudi, Sarkozy file en région PACA parler de l'industrie. Ses efforts paraissent vains. Les sondages restent mauvais, comme ce dernier d'entre eux publié jeudi. Le rapport droite/gauche reste très favorable à l'opposition sur fond d'abstention record.

Mardi soir, Nicolas Sarkozy n'a pu éviter les photos de son dîner de gala avec le président russe, en visite à Paris pour trois jours. La chanteuse Mylène Farmer s'est cassée un orteil en trébuchant sur le tapis rouge. Et Carla Bruni s'est affichée en robe de soirée sans soutien-gorge. Dimitri Medvedev est un bel allié. La France va lui vendre un porte-avion.

Là n'est pas l'important. On attend la visite de Nicolas au Salon de l'Agriculture.

Sarkozy industrialise ses annonces
Jeudi, le Monarque parlait industrie. Depuis mai 2007, la politique industrielle s'est résumée à un « plan de relance » (prime à la casse), un « fonds stratégique d’investissement » pour se substituer imparfaitement aux institutions financières dont le crédit faisait défaut ; et des convocations de patrons à chaque annonce médiatisée de fermetures d’usines. Cette fois-ci, Sarkozy clôturait les Etats Généraux de l’Industrie (EGI), en visitant une usine d’Eurocopter à Marignane dans les Bouches du Rhônes. A 10 jour des régionales. Il a énoncé des objectifs invérifiables :  augmenter de 25% la production industrielle d’ici 2015, pérenniser l’emploi industriel « sur le long terme », retrouver « une balance commerciale industrielle (hors énergie) durablement positive d’ici à 2015 », et gagner « plus de 2% » de part française dans la production industrielle de l’Europe. Pourquoi pas plus ? Quels sont les moyens pour atteindre ces sommets ? Sarkozy a ensuite noyé l'assistance sous une avalanche d'annonces-gadgets et de propositions colbertistes. Désormais, Sarkozy industrialise ses effets d'annonces: 22 mesures, synthétisant les« 1000 propositions d’actions en faveur de l’industrie » des 11 groupes de travail thématiques et des 22 ateliers régionaux. On trouve de tout : 500 millions d'euros de prêts bonifiés «verts»  (gérés par OSEO), 300 millions d'euros pour la «structuration des filières» industrielles;  200 autres millions en «primes à la relocalisation» des entreprises en France (qu'en pensera l'Europe ?); la création d'une « conférence de l’industrie », d'une « semaine de l’industrie », d'un « ambassadeur pour l’industrie », de « comités stratégiques filières », d'un « médiateur de la sous-traitance »; la nomination d'administrateurs de l'Etat dans les entreprises publiques qui soient « passionnés par l’industrie ». La seule idée qui vaille est le lancement en septembre d'une sorte de Livret A pour l'industrie, un « produit d’épargne » défiscalisé pour favoriser les placements financiers vers l’industrie française.

Dès vendredi, la quasi-totalité de ces annonces étaient oubliées. On attendait la visite de Nicolas au Salon de l'Agriculture.


Le chômage n'a jamais baissé
Doc Gyneco est au chômage... Le « chanteur » icône des soutiens (ratés) de Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle, s'est inscrit à pôle emploi, dans les Hauts de Seine. La France compte 10% de chômeurs, un niveau jamais atteint depuis 10 ans. N'en déplaise aux promesses du Monarque de janvier dernier, la dégradation de l'emploi n'a jamais été aussi forte. Le ministère du travail publie chaque mois des statistiques tronquées du nombre de demandeurs d'emploi inscrits à pôle emploi. Le 26 février dernier, Laurent Wauquiez a tenté d'expliquer que le nombre de radiations administratives est en baisse (ce qui est faux, il est stable à un peu plus de 40 000 par mois environ). Il a surtout omis de commenter la très forte augmentation depuis un an des « cessations d'inscriptions » (plus de 200 000 par mois !). Cette fois-ci, l'INSEE a livré ses estimations du non-emploi, plus complètes, plus terribles : la France compte bien 4,7 millions de chômeurs. Un million d'entre eux vont perdre leur allocation chômage cette année. Vendredi, Laurent Wauquiez a reçu pendant trois heures les partenaires sociaux sur le sujet. Cette réunion «technique» n'a servi qu'à minorer le nombre des précaires à secourir. Il y a 8 jours, il avait promis «plusieurs centaines de millions d'euros». En fait, l'Etat va «travailler» et «expertiser la situation» de 360 000 personnes seulement. 

Vendredi, Nicolas Sarkozy reçoit des banquiers. Les représentants de la profession ont promis de réserver 96 milliards d'euros de financement aux PME : 38 milliards déjà promis en février pour les crédits à moyen et long terme, et 56 nouveaux milliards pour les crédits de trésorerie à court terme. Les sommes paraissent incroyables... pour qui ne lit pas les Echos. Le quotidien économique rappelle en effet que cela représente une hausse de leurs crédits de ... 3%. Eh oui. Pas plus.

Là n'est pas l'important. On attend la visite de Nicolas au Salon de l'Agriculture.

Sarkozy a la trouille agricole
Il avait la trouille d’aller au Salon de l’Agriculture. Notre président, d’habitude si bravache, avait séché l’inauguration du Salon samedi dernier, préférant sa retraite dorée au Cap Nègre. Lui qui a pris le parti d'incarner sa rupture dans le nombre de déplacements, en France ou à l'étranger, il s'est caché, terré, débiné. Ses rapports avec le monde agricole sont difficiles et les agriculteurs ont terriblement souffert de la crise l'an passé. Bruno Le Maire a dû compenser l’absence de son maître. Il s’est rendu deux fois cette semaine, sans son patron. Mercredi, Nicolas Sarkozy a reçu des représentants de la filière agricole à l’Elysée. Il leur a promis d'être attentif à leur cas, et qu’il viendrait samedi, pour tenir une table ronde, protégée, bouclée et castée, « sur la situation de l’agriculture française avec les représentants des filières agricoles et agro-alimentaires françaises. ». Depuis des mois, les conseillers du Monarque cherchent un moyen de faire venir leur patron, « à l’improviste », comme à Gandrange en novembre, afin d’éviter les couacs et les manifestations hostiles. Entre-temps, la quasi-totalité des ténors politiques est venue narguer Sarkozy en se rendant sur place sans problème : Martine Aubry, Dominique de Villepin, Jacques Chirac, et même François Fillon n'ont pas lésiné sur le bain de foule.

Samedi, Nicolas Sarkozy est bien venu au Salon de l'Agriculture, mais avant son ouverture au public. Même le Figaro s'est demandé si le président n'était pas tombé du lit. Il a arpenté les allées vides de public, puis est allé se cacher dans une cabine, loin des foules, pour sa « table ronde » avec une trentaine de représentants du secteur. La rencontre est diffusée sur La Chaîne Parlementaire. On y voit le Monarque attentif, sérieux, écoutant les questions d'une assistance encore une fois triée sur le volet. Où sont les représentants de la Confédération Paysanne ? Sarkozy promet quand même. Qu'avait-il dans sa besace ? Une augmentation de 800 millions d'euros les prêts bonifiés en faveur des agriculteurs en difficultés. Il faut s'acheter la paix sociale. Sur l'environnement et l'agriculture, «ça commence à bien faire». Il veut que les normes environnementales françaises ne soient pas plus dures contre l'agriculture intensive qu'ailleurs en Europe. Les écologistes apprécieront. «Le maître mot, c'est le pragmatisme».

Samedi, le pragmatisme du chef de l'Etat exigeait donc qu'il se cache.

Ami sarkozyste, où es-tu ?
Pour Sarkozy, l'hôpital ne manque pas de personnel
C'était mardi dernier.


Sarkozy: "L'hopital manque de personnel ?...c'est faux!"
envoyé par politistution. - Regardez les dernières vidéos d\'actu.
Quand Sarkozy industrialise les effets d'annonce...
Jeudi 4 mars, Nicolas Sarkozy clôturait les Etats Généraux de l’Industrie (EGI), en visitant une usine d’Eurocopter à Marignane dans les Bouches du Rhônes. Que pouvait-on attendre d’une telle réunion médiatique à 10 jours avant les élections régionales ? Des effets d’annonces, encore une fois. Le Monarque « veut » une « véritable politique industrielle ». Mais qu’attend-t-il, lui qui fut élu voici bientôt trois ans ?

Le Monarque « veut »
Jeudi, Nicolas Sarkozy a fixé quatre objectifs ambitieux à l’industrie française. Il veut augmenter de 25% la production industrielle d’ici 2015, pérenniser l’emploi industriel « sur le long terme », retrouver « une balance commerciale industrielle (hors énergie) durablement positive d’ici à 2015 », et gagner « plus de 2% » de part française dans la production industrielle de l’Europe (Europe à 15). Concernant la production, Sarkozy aurait pu dire 30%, ou 40% ou même 50% d'augmentation de la production. Ensemble, tout est possible, n'est-ce pas ? Il aurait pu fixer son horizon à 2014, ou 2017 ou même 2020. Plus loin est l’échéance de ses promesses, plus grosse peut être la tartufferie. Comme sur d’autres sujets, on a toujours quelque peine à identifier les moyens qu’il se donne pour atteindre un tel sommet. Comme sur d'autres sujets, Sarkozy noie le poisson sous l'avalanche des propositions futiles. Il industrialise les effets d'annonces.

Depuis 1980, l’industrie française a perdu 2 millions d’emplois, dont 535 000 depuis 2000. La récession depuis 2008 a aggravé l’hémorragie d’emplois. L’analyse du secteur réalisée par les EGI souligne aussi qu’environ la moitié de ces disparitions d’emplois provenaient de l’externalisation de fonctions non industrielles auprès d’entreprises de services (20 à 25%) et les gains de productivité constatés depuis 1980 (30%). La politique industrielle depuis mai 2007 a été inexistante : un « plan de relance » - ou plutôt de « défense » - avec prime à la casse et soutien à la construction ; un « fonds stratégie d’investissement » pour se substituer imparfaitement aux institutions financières dont le crédit faisait défaut ; et des convocations de patrons à chaque annonce médiatisée de fermetures d’usines (Renault, Total, Arcelor, etc.).

Cette fois-ci encore, Nicolas Sarkozy a joué sur les deux tableaux habituels : de l’argent et des « machins » technocratiques et autres gadgets administratifs. Un épais dossier de presse de 42 pages et beaucoup de texte écrit gros a été remis aux journalistes présents pour compléter le propos présidentiel. Il synthétisait en 22 mesures les « 1000 propositions d’actions en faveur de l’industrie » des EGI, ouverts depuis le 15 octobre dernier, et qui se sont appuyés de 11 groupes de travail thématiques, et 22 ateliers régionaux. A quelques mois des élections régionales, des ateliers régionaux étaient bienvenus, non ?

Les mesures d’ordre financier sont les suivantes :

1.  En septembre, un « produit d’épargne » sera lancé spécifiquement agréé et lancé pour financer l’industrie. C'est une nouvelle défiscalisation d’impôt pour favoriser les placements financiers de ceux qui peuvent vers l’industrie française.  Quelques heures plus tard, Christian Estrosi, le maire de Nice et ministre de l'Industrie s'est lâché: « nous allons définir les modalités pour mobiliser environ 300 milliards d'euros d'épargne des Français sur l'industrie». Trois cent milliards d'euros, rien que cela ! Vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué...

2.  Sarkozy a aussi rappelé les 5,5 milliards d’euros financée par l'Etat dans le cadre du grand emprunt pour les entreprises innovantes, les transports et l'espace. Sur ces sommes, 50 millions d’euros seront affectés à un fonds d’investissement pour les brevets (abondés de 50 millions d’euros par la CDC).

3.  Le Monarque ajoute 500 millions d'euros de prêts bonifiés «verts» aux entreprises qui produiront « propres » (gérés par OSEO), 300 millions d'euros pour la «structuration des filières» industrielles et 200 autres millions en «primes à la relocalisation» des entreprises en France (sur 3 ans). On attend la réaction de la Commission Européenne, si soucieuse d’éviter les subventions « protectionnistes ». Ces primes seront des « avances remboursables », principalement pour les entreprises industrielles de moins de 5 000 personnes, et ayant un projet d’investissement d’au moins 5 millions d’euros créant 25 emplois.

4. Sarkozy souhaite également défiscaliser davantage la cession de brevets en France.

Les autres annonces, nombreuses (22 fausses mesures au total) sont du ressort de l’affichage. Les EGI ont identifié les filières industrielles à soutenir, qualifiés de « porteuses des emplois de demain » : le numérique (et notamment Logiciels et contenus numériques ; les composants électroniques et équipements de réseau ; les transactions électroniques et sécurité) ; les Eco industries et industries de l’énergie ; les Matériels de transport ; la Chimie et matériaux innovants ; l’industrie pharmaceutique et autres technologies de santé ; le luxe et la création ; et l’Agroalimentaire et la nutrition. Le fatras de mesures symboliques et déclarations d’intention qui s’en suit est hallucinant. En voici les principales :

- Une « conférence de l’industrie » va remplacer la Commission Permanente de concertation pour l’industrie. Placée sous l’autorité du premier ministre, elle agira comme un observatoire du secteur, et devra notamment proposer (encore) des «mesures concrètes d'allègement et de simplification» de la réglementation. Sa mesure numéro 15 est justement de « simplifier la réglementation », sans préciser quel type de réglementation doit être simplifié: le droit du travail ? Ou la prévention des risques ?

- Au niveau européen, la France veut convaincre, exiger, promouvoir. Ainsi, la France va insister pour « intégrer la définition d’une véritable stratégie industrielle européenne dans les conclusions des Conseils européens de mars et de juin 2010. » Voilà du concret ! Elle va aussi nommer un « ambassadeur pour l’industrie » pour promouvoir un pacte industriel européen auprès des autres Etats membres. Sarkozy souhaite aussi convaincre ces voisins de mettre en place une taxe carbone européenne (une vieille idée que le Monarque n’a pu (ni voulu) promouvoir lors de la Présidence française de l’Union européenne au second semestre 2008) ainsi que « l’inclusion du dumping social et environnemental dans les procédures de défense commerciale », et l’application du principe de réciprocité dans l’accès aux marchés publics. Sarkozy veut aussi convaincre l’UE de simplifier sa réglementation pour les entreprises européennes (avec notamment un brevet communautaire et des juridictions unifiées), et d’utiliser « réellement » l’instrument anti-subvention (contre les Etats-Unis par exemple). Un vœu pieu (question de rapport de force) et contradictoire (cf l’octroi de 200 millions d’euros de « primes à la relocalisation de l’emploi industriel en France»).

- Nous aurons droit à une « semaine de l’industrie » (mesure numéro 4), pour informer « davantage la population sur la réalité industrielle d’aujourd’hui » ( avec manifestations, présentations en milieu scolaire, campagnes de pub TV et presse, etc.), et les élèves des « actions de découverte de l’industrie » (mesure numéro 5)

- Mesure numéro 7, Sarkozy veut nommer des administrateurs publics supplémentaires dans les groupes dont l’Etat est (partiellement) actionnaires (France Télécom, La Poste, Renault, etc), qui soient « passionnés par l’industrie » ; et que des rencontres annuelles soient organisées entre dirigeants d’entreprises et les ministères de tutelle.

- Le Monarque veut aussi créer des « comités stratégiques filières », qui réuniraient des partenaires sociaux, des dirigeants d’entreprises et des représentants de l’Etat, pour discourir sur les difficultés des PME ; et nommer un « médiateur de la sous-traitance » (pour veiller aux « bonnes pratiques »).

Des millions d'euros - à peine plus que le coût du bouclier fiscal -, beaucoup de gadgets de communication... Voici la politique industrielle de la Sarkofrance, à 10 jours des élections régionales.

Les (anciens) salariés d'Arcelor Mittal à Gandrange apprécieront.

Ami sarkozyste, où es-tu ?
Le mythe sécuritaire de Sarkozy
Ce n'est pas un obscur groupuscule antisarkozyste qui l'explique. L'Express a fait sa "une" de la semaine dernière sur ce titre. Quand on critique l'efficacité de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy, son "ADN politique" depuis 2002, on se voit rétorquer que l'on ne retient que les mauvais chiffres pour oublier un bilan "globalement positif". Voici donc une analyse plus globale, qui rejoint le constat de l'Express, et basée sur les statistiques officielles, le bulletin pour l’année 2009 de l’ONDRP, publié le 14 janvier 2010.

Un mauvais bilan
L'introduction du dossier de l'hebdomadaire est sans détour: "A l'Intérieur puis à l'Elysée, le président a fait de ce dossier un étalon de sa politique. Or, ni les efforts déployés ni certains succès ne sont parvenus à enrayer les tendances lourdes de la violence. Du discours aux résultats, analyse d'un bilan qui interpelle aussi la gauche."

L'hebdomadaire rapporte que le Monarque élyséen en tiendrait rigueur à ses successeurs de la place Beauveau (Michèle Alliot-Marie puis Brice Hortefeux) des mauvais résultats en matière de lutte contre l'insécurité:
"Le président le fait comprendre à plusieurs interlocuteurs: depuis son départ de la Place Beauvau, en 2007, ses successeurs dilapident l'"héritage". Son héritage. Ses deux passages en cinq ans à l'Intérieur (2002-2004, 2005-2007) l'ont marqué."
Pourtant, cet échec - car échec il y a - est le sien.

L'hebdomadaire recense les promesses non tenues, citations à l'appui, comme sur les violences dans les stades ou en milieu scolaire, ou les incendies de véhicules à chaque fin d'année : "Il faut mettre fin à la détestable habitude de brûler des voitures à Strasbourg. Maintenant, il faut que ça cesse." Nicolas Sarkozy promet même d'indemniser les propriétaires de voitures brûlées. Sept ans plus tard, la police en est réduite à restreindre sa période de comptages des voitures la nuit de la Saint Sylvestre... même à Strasbourg.

L'Express reste modeste : "pendant la période 2002-2010, Nicolas Sarkozy n'a pourtant pas lésiné sur les moyens", mais "ce changement n'a pas encore porté ses fruits."A lire l'Express, Nicolas Sarkozy tenterait donc de faire croire que ses successeurs sabordent son travail. La réalité, comme souvent, est tout autre. A relire le bilan détaillé de l’ONDPR, on réalise que le bilan sécuritaire de Nicolas Sarkozy tient du mythe pour les délinquances les plus violentes et sur lesquelles il a le plus insisté lui-même depuis 2002. Un comble !

Primo, l’efficacité de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy depuis 2002 est en cause : la boulimie législative et réglementaire depuis 2002 n’a pas servi à grand-chose. Pourtant, comme le relève l’Express, Sarkozy s’était donné les moyens ! L’ONDPR souligne, sans son bilan annuel, que le nombre de personnes mis en cause a cru de 30% de 2002 à 2009 pour atteindre 1,175 millions de personnes l’an passé. Les gardes à vue (hors délits routiers) sont passées de 336 000 en 2001 à 580 000 en 2009. Le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) recense 3 463 000 individus (contre 1 597 000 en 2002). Dans le même intervalle, le nombre d’affaires résolues à l’aide du FAED est en hausse mais reste marginale : 9 637 en 2009 (contre 7 000 en 2002). Un autre fichier, mis en place en 2002, le FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques) recense 1 386 000 personnes. D’après l’ONDPR, il aurait permis la résolution de 65 375 affaires en 2009.

Les atteintes aux biens ont bien été réduites, mais les dispositifs de protection mis en œuvre par les fabricants (voitures, maisons, etc) sont aussi responsables de cette améliorations. La totalité des « effets d’annonces » de Nicolas Sarkozy contre la délinquance, sur des faits divers ou collectifs bien précis, n’ont pas été suivis d’effet : incendies volontaires de voitures, violences aux personnes, vols violents contres des femmes en lieu public, etc.

Deuxio, Nicolas Sarkozy était parvenu en 2007 à faire croire que son action avait payé. Le voile est tombé. Les atteintes aux personnes n’ont cessé de progresser depuis 2002. Or cette insécurité-là est la plus agressive, la plus violente, la plus insupportable, et surtout, la plus directement visée par les rodomontades de l’ancien ministre de l’intérieur : peines planchers, durcissement des règles de répression contre les mineurs délinquants, rétention de sûreté, décret anti-cagoules ou mesures anti-bandes, toutes ces dispositions visaient en premier lieu la forme la plus choquante et la plus médiatisée de la délinquance : les atteintes contre les personnes.

La délinquance qui baisse, et celle qui monte.
L'ONDPR découpe la délinquance en trois catégories. Et le bilan n'est pas fameux.

1. Atteintes aux biens (faits constatés de vols et de destructions et dégradations) : 2 708 934 actes en 2004 ; 2 227 649 en 2009, soit une baisse de 18% en 5 ans

Cette baisse significative explique la diminution générale, et relayée par l’UMP, de la délinquance. Dans le détail, les vols représentent l’essentiel de ces atteintes aux biens (1,8 millions). Ils ont été stables, masquant une baisse jusqu’en 2007, puis une reprise en 2008 puis 2009. On se souvient de Brice Hortefeux énervé par la hausse des cambriolages l’été dernier.

L’amélioration des dispositifs de sécurité sur les biens se lit dans la baisse continue des vols de véhicules de 2004 (853 714 actes recensés cette année-là) à 2009 (629 509). Les vols avec violences restent marginaux (environ 107 000 par an sur un total d’environ 1,8 millions de vols), dont 85% sans armes. Mais, là encore, l’efficacité sarkozyenne est à la peine : les résultats sont erratiques : + 5 000 en 2005 ; +3000 en 2006 ; -14 000 en 2007 (année d’élection) ; - 6000 en 2008 ; + 6000 en 2009.

La seconde catégorie d’atteintes aux biens sont les dégradations et destructions. Elles sont en baisse notable (-400 000 actes entre 2004 et 2009), malgré une hausse en 2005 (émeutes de novembre, générant + 28 000 faits constatés).

2. Atteintes volontaires à l'intégrité physique : 391 857 actes en 2004 ; 455 911 en 2009, soit une progression de +16% en 5 ans.

Ces atteintes aux personnes ont progressé de +5% en 2005 par rapport à 2004, +5,6% en 2006 versus 2005 ; de +2,4% en 2008 versus 2007 et de +2,8% en 2009 versus 2008. La seule année épargnée fut, comme « par hasard », l’année 2007 (-0,2% versus 2006).

Quand on rapporte ces évolutions au nombre d’habitants depuis 1996, le constat d’échec est plus sévère encore : l’ONDPR relève que « 7,3 atteintes ont été enregistrées pour 1000 habitants, soit le taux d’atteintes le plus élevé depuis 1996. A cette date, moins de 4 atteintes de type violences ou menaces avaient été constatées pour 1000 habitants ».

Parmi ces 455 000 violences aux personnes, 240 000 sont « non crapuleuses » (en hausse continue depuis 2004), 112 000 sont « crapuleuses » (en hausse de 2004 à 2006 ; en baisse en 2007, puis stable ensuite) ; 80 000 sont des « menaces et chantages » (en hausse continue depuis 2004) ; et 23 000 sont des violences sexuelles (quasi-stable depuis 2004).

Les violences « non crapuleuses » recoupent celles sans motif de vols. Rapportées à la population, elles ont doublé en 13 ans: 1,7 pour 1000 habitants en 1996 ; 3,8 pour 1000 en 2009. Bravo Monsieur le président ! Sur la période récente 2008-2009, elles sont stables, la hausse s’étant effectué de 1996 à 2001 (de 1,7 à 2,5) puis, avec davantage de vigueur (sic !), de 2002 à 2007 (2,5 à 3,6) quand Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur.

Parmi elles, les coups et violences volontaires non mortels sont largement responsables de leur hausse continue générale : 138 000 en 2004, 193 405 en 2009. Les viols sont quasi-stables depuis 5 ans, à 10 000 cas recensés par an. Les agressions sexuelles restent figées à 13 000 cas annuels depuis 2005.

3. Escroqueries et infractions économiques et financières : 329 955 en 2004, 370 728 en 2009, soit + 12%

La plus forte hausse se trouve chez les « escroqueries et abus de confiance » (+75 000 sur la période). Là aussi, rapporté à la population, leur taux plus que double depuis 1996. Les infractions liées à des chèques volés sont en chute libre, sans que les falsifications de carte bleue n’explosent en parallèle (en moyenne à 51 000 par an sur la période).

Ces statistiques sont sujettes à caution, car incomplètes. L’ONDRP rappelle lui-même qu’elles « correspondent à la partie de la délinquance qui est portée à la connaissance de la police et de la gendarmerie. Toute assimilation de cette partie à l’ensemble de la délinquance commise revient à ignorer qu’il existe de très nombreuses infractions qui ne sont pas suivies d’une plainte ». En d’autres termes, les faits recensés dans les « mains courantes » n’y figurent pas. L'ONDPR reconnaît que ses propres statistiques, par ailleurs mauvaises, sont incomplètes.

Autre biais statistiques potentiel, la manipulation du recensement d’infractions par les services eux-mêmes : les fameuses « infractions révélées par l’action des services » ont baissé de 3,25% en 2009, après une hausse continue depuis 2001 (219 863 en 2001, 384 784 en 2008, et 372 264 en 2009). Quand il faut afficher de bons chiffres, on lève le pied, n'est-ce pas ?

Lire aussi :

Quand Sarkozy demandait de construire en zone inondable...
Nicolas Sarkozy n'avait pas de mots assez durs, lundi, contre ... la tempête. Eh oui, en Sarkofrance, le Monarque hurle facilement contre les éléments. Pourtant, il ferait bien de vérifier ses propres propos. Mardi, Nicolas Sarkozy continuait sa campagne électorale des régionales. Le matin, avec Valérie Pécresse, plus tard, lors d'un déplacement surprotégé dans l'Aisne.

Fichues zones inondables
Lundi en Charentes-Maritimes, il s'écriait: "On ne peut pas transiger avec la sécurité". Vraiment ? La polémique naît sur la politique d'aménagement du littoral, les logements modestes rapidement construits sur des zones mal protégés, les digues peu renforcées. Le plus triste et révoltant provient sans doute de ce rappel, une déclaration pas si ancienne que cela (*). Le 29 avril 2009, le Monarque encourageait la construction en zones inondables.
«Le problème c’est la réglementation. Pour libérer l’offre il faut déréglementer, élever les coefficients d’occupation des sols et rétablir la continuité du bâti dans les zones denses, permettre à chaque propriétaire d’une maison individuelle de s’agrandir, d’ajouter une pièce ou un étage, rendre constructible les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l’environnement et au risque, utiliser les interstices, les délaissés d’infrastructures... Il faut changer nos procédures, notre façon d’appliquer le droit, sortir du respect passif d’une réglementation de plus en plus pesante, non pour laisser le champ libre au marché mais pour que la ville vive, respire, évolue, se développe en respectant des règles fortes, compréhensibles, efficaces, écologiques. J’ai demandé que soit conduite une réflexion approfondie sur ce changement de philosophie de notre droit de l’urbanisme.»
Discours de M. le Président de la République quant au Grand Paris
L'assouplissement des règles d'urbanisme était déjà l'un des mots d'ordre d'un précédent discours, comme nous le rappelle Politistution. "Je dis aux élus qui sont ici, je sais que ça va faire parler, mais je vous annonce que les contraintes liées au droit de l'urbanisme seront temporairement considérablement assouplies" déclarait-il à Douai, le 4 décembre 2008. "Tout ce qui pourra accélérer les mises en chantiers dans les mois qui viennent sans bouleverser les grands équilibres de notre droit de l'urbanisme sera mis en oeuvre." Et pendant sa campagne présidentielle, le candidat Sarkozy promettait déjà d'assouplir la loi Littoral: "Je crois qu'il faut à la fois la renforcer pour mieux lutter contre les cas de détournement qui ont été constatés, et l'assouplir pour ne pas entraver le développement normal des communes, tout en conservant l'objectif général de protection de l'environnement".

Ce n'est pas la première fois que les déclarations tonitruantes et mal réfléchies du Monarques sont contredites par les faits... et donc par lui-même. En août 2007, il souhaitait le développement de subprimes à la Française. Il s'était aussi prononcé aussi pour les retraites par capitalisation, via fonds de pension interposé, avant de battre en retraite (sic !) après l'effondrement des bourses mondiales. Il a voulu annuler la dispense de recherche d'emploi pour les seniors de plus de 58 ans, avant de suspendre sa mesure dès 200ç pour cause d'envoler du chômage. Et le voici qui réclamait l'assouplissement des règles d'urbanisme, y compris en zones inondables. Rien que ça.

Nicolas sarkozy, pirouette politique ?


Sarkozy et le droit à l'Urbanisme
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Fichue campagne
Les sondages sont de pire en pire. Jean-François Kahn rappelle sur son blog que seuls les plus de 75 ans restent encore satisfaits du Monarque. Dur... Mardi, le Monarque a reçu l'équipe de campagne de Valérie Pécresse à l'Elysée. Pour quelqu'un qui disait qu'il ne s'investirait pas dans les élections régionales... ça fait tâche ou désordre, au choix.

Mardi, le Monarque s'est également rendu dans l'Aisne, à Laon, pour parler de la réforme de la Fonction Publique. Le lieu n'est pas choisi au hasard. La Picardie est une région que la droite espère arracher à la gauche, grâce à une triangulaire potentielle (le communiste Maxime Gremetz faisant liste à part). Avec les fonctionnaires, les sujets sont nombreux et potentiellement polémique (retraites, rémunérations, suppressions de postes, réorganisation des services de l'Etat). Sarkozy marchait sur des oeufs. A quelques mois du scrutin, il faut éviter les vagues. Bizarrement, Sarkozy s'est montré conciliant et souriant, s'affichant dans les rues de la ville pour un bain de foule peu escorté, avant une table ronde encadrée: « on ne parle pas bien des fonctionnaires. On ne respecte pas assez vos compétences. On ignore les difficultés qui sont les vôtres» Oubliée sa blague méprisante, en septembre dernier, sur «certains de nos fonctionnaires qui aiment leurs p'tit bureau, avec l'affiche de la Polynésie française pour rêver». Oubliée sa fameuse boutade sur la Princesse de Clèves, en 2006: «un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves


L'assistance était triée sur le volet. Un membre du cabinet d'une grande ville du département a balancé le scoop : «les questions ont été préparées à l’avance. Elles ont été négociées entre la préfecture et l’agent. Tout est verrouillé, mais personne n’est dupe. C’est une mise en scène.» La préfecture de l'Aisne a questionné les administrations locales, leur demandant de lui envoyer des volontaires, fonctionnaires de catégorie A. Les dossiers des candidats ont été étudiés, analysés, triés. Le jour dit, Nicolas Sarkozy était entouré de fonctionnaires conciliants et souriants. 

Evidemment.

Ami sarkozyste, où es-tu ?





(*) Merci à BA, fidèle lecteur, pour le rappel sur ces précédents propos de Nicolas Sarkozy.
Avec Xynthia, Sarkozy, défait, a trouvé sa Katrina.
Fort avec les faibles, faible avec les forts. C'est une maxime que l'on semble suivre en Sarkofrance. Mardi, Nicolas Sarkozy a convoqué Valérie Pécresse et va sacquer Anne Lauvergnon, la patronne d'Areva. Mais lundi, sa journée était hyper-active: un tour en Charentes, un autre au Conseil Constitutionnel, et l'accueil de son ami le président russe Medvedev. Bienvenue en monarchie.

Eviter le syndrome Katrina
Nicolas Sarkozy voulait éviter le syndrome Katrina. En août 2005, le cyclone Katrina dévaste la Floride. George Bush paraît tétanisé. Il s'y rend avec des semaines de retard. On l'accuse de passivité, de racisme. Les victimes les plus nombreuses se comptaient dans la communauté noire. En France, la tempête Xynthia a été dramatique. 59 morts et disparus après une déferlante pourtant annoncée. Les questions se posent. Comment est-ce possible ? Dans l'après midi de dimanche, quand le nombre de morts fut annoncé à plus de 40, Nicolas Sarkozy a compris qu'il devait se rendre sur place, caméras embarqués et quelques millions d'euros. Un déplacement présidentiel se décide au nombre des victimes. On l'a donc vu, dès lundi matin, survolant les zones dévastées comme George W. Bush en son temps au-dessus de la Floride, le visage sombre et sérieux. A terre, les caméras de télévision le filment à hauteur de Monarque. Il promet tout et en même temps pas grand chose : un "plan digues" que doit concocter Jean-Louis Borloo, un décret sur la catastrophe nationale dès mardi, une table ronde avec les ostréiculteurs, et 3 millions d'euros d'aide d'urgence. Trois millions d'euros, pas plus.  "C'est une catastrophe nationale, un drame humain, un bilan épouvantable. L'urgence, c'est d'entourer les familles qui ont des disparus et des morts" a-t-il expliqué à L'Aiguillon-sur-Mer. Sarkozy est tout en compassion. Un rôle qu'il adore : "Il faut qu'on s'interroge pour savoir comment en France, au XXIe siècle, des familles peuvent être surprises dans leur sommeil, mourir noyées dans leur maison". Ne faudrait-il pas s'interroger sur les promesses de l'Etat, il y a un an, après la tempête Klaus, dans les Landes , qui n'ont pas été tenues ?

Sermonner les incompétent(e)s
Sa ministre de l'Enseignement Supérieur peine. Sa campagne aux élections régionales d'Ile-de-France a sombré dans l'affaire Soumaré. Pourtant, Frédéric Lefebvre a maintenu la charge. Il avait expliqué, la semaine dernière, que la droite avait choisi un policier, "lui aussi issu de la diversité", comme tête de liste locale, alors que le parti socialiste avait préféré un "condamné". Patrick Karam, numéro deux de la liste UMP à Paris pour les régionales, a été appelé à la rescousse par les stratèges élyséens. Il a enfoncé le clou, lundi 1er mars, en déclarant :  "On a le droit au pardon oui, Soumaré a le droit aussi de faire une carrière politique, mais en le plaçant comme tête de liste, il stigmatise la diversité".
Pour Pécresse, sa rencontre avec Sarkozy est la "marque d’un soutien, qui m’est précieux, particulièrement dans cette dernière ligne droite difficile". Pourtant, un responsable de l'UMP a confié, anonymement bien sûr, à l'Express, que le président français "est un peu agacé par des personnes qui ne font pas assez campagne ou qui jouent contre leur camp". Roger Karoutchi, rival malheureux à la tête de liste en IdF et déchu du gouvernement en juin dernier, est aussi fortement critiqué à l'Elysée.

La patronne d'Areva va être démise de ses fonctions. Son rival pour la maîtrise de la filière nucléaire française, le fameux Henri Proglio, a eu gain de cause. Le récent fiasco à Abou Dhabi aurait eu raison d'Anne Lauvergnon.  A l'époque, Claude Guéant avait eu des mots très durs pour critiquer le manque de coordination.

Eviter les contre-pouvoirs
Lundi 1er mars, Nicolas Sarkozy est venu saluer le Conseil Constitutionnel. Il vient d'y nommer Michel Charasse. Il venait surtout discourir sur "sa" réforme : "le 1er mars 2010 restera comme la date d'un changement profond de notre système juridique", a-t-il lancé lors d'un discours devant les membres du Conseil constitutionnel. Désormais, tout citoyen pourrait contester devant le Conseil constitutionnel une loi dont il juge qu'elle porte atteinte à ses droits et libertés. Cette histoire est un gadget qui fait joli, une façon d'encombrer le Conseil de toutes sortes de plaintes. "La réforme que nous introduisons aujourd'hui dans notre droit va modifier les équilibres existants. Il va nous en falloir trouver de nouveaux (...) Il faudra faire preuve de plus de sagesse encore" rappelle Nicolas Sarkozy. On retiendra plutôt l'avertissement de Nicolas Sarkozy à l'encontre d'un Conseil qui lui a censuré une taxe carbone, quelques jours avant son entrée en vigueur, et, récemment, le raccordement des caméras de réseaux privés (notamment HLM) à celui de la police. Voici donc Nicolas Sarkozy, président de la République, qui rappelle aux "Sages" du Conseil Constitutionnel qu'ils ne sont pas "une sorte de contre-pouvoir politique."

 "Autant la séparation des pouvoirs est indispensable à toute démocratie, autant la notion de contre-pouvoir est étrangère à notre conception de l'Etat et de la République"

Cette phrase, prononcée ce lundi 1er mars, par Nicolas Sarkozy est exemplaire de la Sarkofrance. Sarkozy récuse les contre-pouvoirs, et n'en retient qu'un, le sien. "Notre démocratie n'aurait rien à gagner à un conflit permanent entre les différents pouvoirs et autorités à travers laquelle elle s'exprime". 


Cecile Duflot et la tempête KLAUS...
envoyé par politistution. - L\'actualité du moment en vidéo.
La journée sans immigrés, c'est aujourd'hui
A l'instar de mes consoeurs et confrères, je vous rappelle que l'opération "une journée sans immigrés" a lieu aujourd'hui. Nous nous en étions fait l'écho le 8 janvier dernier.


Et puisque l'immigration est, pour une fois, à l'honneur, voici une récente déclaration de Nicolas Sarkozy sur d'autres immigrés, Français ceux-là, expatriés à l'étranger et leurs difficultés à scolariser leurs enfants. Sarkozy cite l'exemple de son fils Louis, qui vit à New York. "C'est bien que les hommes politiques soient confrontés aux mêmes difficultés, ne voient pas cela de trop loin".

Sans commentaires.


Sarkozy et la trouille du Monarque.
Il a eu peur., la trouille, la pétoche. Il s'est d-é-g-o-n-f-l-é. Comment sinon expliquer l'absence du président français à l'inauguration du Salon de l'Agriculture ? Un besoin pressant de Cap Nègre ?

Sarkozy fuit les champs
Cette grande manifestation a ouvert ses portes samedi 27 février. Jacques Chirac mettait un point d'honneur à venir pour chaque inauguration. François Mitterrand ne s'y est jamais rendu. Nicolas Sarkozy a laissé Bruno Le Maire, son ministre de l'agriculture, le remplacer. Il a préféré se reposer dans la résidence de sa belle-famille au Cap Nègre. Il est comme ça, Nicolas Sarkozy. Le chantre du travailler plus, y compris le dimanche, prend toujours soin de préserver ses week-ends, samedi inclus. Du côté des agriculteurs, les syndicats apprécient peu cette absence présidentielle: "manque d'implication", "peur des paysans", absence de propositions. Les critiques ne manquaient pas, samedi dernier. "Les paysans sont des gens respectueux donc il devrait être correctement accueilli, mais il doit en même temps nous donner des signes forts. Les paysans attendent vraiment des actes" a commenté Jean-Michel Le Métayer, président de la FNSEA. Les agriculteurs ne comprennent pas cette absence : primo, leur secteur a durement souffert ces dernières années : envolée des prix de l'énergie, effondrement des cours de production, menace sur les soutiens européens, il y a urgence. Secundo,
Sarkozy adore les déplacements de terrain. A la différence de François Mitterrand ou de Jacques Chirac, qui voyageaient moins, Nicolas Sarkozy a pris son parti d'incarner sa rupture dans le nombre de déplacements, en France ou à l'étranger. La manifestation annuelle de l'agriculture française ne vaudrait-elle pas le détour ?

L'agriculture est un sujet difficile pour le président français. On se souvient davantage de ses bourdes que de ses actes. Tout le monde se rappelle le "Casse-toi Pov'Con", prononcé il y a deux ans par notre Monarque à un visiteur du salon qui refusait de lui serrer la main; ou Sarkozy enjoignant un pêcheur de descendre de la terrasse d'où il criait contre lui; ou encore son discours agricole sur l'identité nationale d'octobre copié-collé sur une précédente intervention de février 2009.

Plus risqué que l'Afghanistan
Le ministre de l'agriculture a tenté de déminer la polémique. Il a promis que Sarkozy serait bien là, samedi prochain, pour faire des propositions. "Il y aura des annonces et il y aura surtout, ce qu'attendent les agriculteurs, le signe très clair de la part du président de la République de sa volonté de s'engager dans le débat européen".


En fait, l'Elysée tient secret l'horaire de la visite. Sarkozy a peur, ses proches aussi. Depuis deux ans déjà, le Monarque ne se déplace que dans des lieux vidés de leurs habitants, sur-protégés par les forces de police, devant des auditoires castés parmi les militants UMP du coin. Porte de Versailles à Paris, rien de tel n'est possible. Pour ne pas perdre la face, le déplacement sera donc secret et éclair. Le Salon de l'Agriculture, comme hier Gandrange, est donc aussi risqué qu'un aller-retour en Irak ou en Afghanistan.

La tempête sauve Sarkozy
Ce lundi, Nicolas Sarkozy se rendra "dans la matinée" en Charente-Maritime et Vendée. Dimanche vers 15H, l'Elysée avait publié un autre communiqué. Compassion de rigueur. "Le Président de la République a appris avec beaucoup d’émotion et de tristesse les décès provoqués par la tempête qui s’est abattue sur l’ouest du pays et qui a frappé plus cruellement les départements de la Vendée et de la Charente-Maritime". Surtout, il demande "au gouvernement d’agir sans attendre", et à Brice Hortefeux, son ministre de l'intérieur, "de se rendre dès demain sur place pour évaluer les dommages subis et commencer à préciser les mesures de soutien à mettre en place." Les conseillers de l'Elysée auraient pu se contenter d'écrire que le gouvernement allait agir sans attendre. Mais pour Sarkozy, c'eut été insuffisant. Le Monarque est partout. Même quand il se repose dans la résidence de Carla Bruni au Cap Nègre, il pense à la place de ses propres ministres, au cas ces derniers auraient oublié qu'il faut secourir les victimes de la tempête. Le Monarque se rendra donc sur place, lourdement accompagnés de ses "collaborateurs" Borloo, Hortefeux et ... Bussereau, le ministre-candidat UMP dans la région. Il n'y a pas de petits profits. L'agenda est calé:  
10h50 Arrivée de M. le Président de la République à La Rochelle et départ pour un survol de la zone sinistrée
  Arrivée à L’Aiguillon-sur-Mer (Vendée)
• Visite du centre ouvert pour les rescapés
• Recueillement au funérarium
• Visite du centre opérationnel des secours (COS)
• Rencontre avec les élus des communes sinistrées à la Mairie

12h15
 Arrivée de M. le Président de la République à Châtelaillon (Charente-Maritime)
 Visite de la commune Les Boucholeurs

13h00
  Réunion de travail avec les services de l’Etat et les représentants des principaux services publics à la Préfecture de La Rochelle

Entre les deux annonces, celle de 15h et celle de 21H, le bilan des morts s'est aggravé : d'une quinzaine, il s'est élevé à 45 en fin d'après midi. La tempête, pourtant annoncée, a tué en masse dans la nuit de samedi à dimanche. Le seul village de l’Aiguillon-sur-Mer a perdu 25 habitants. Les digues ont cédé, comme à l'île de Ré. "Une catastrophe nationale" a commenté François Fillon, dimanche soir.

On attend l'intervention de Carla Bruni-Sarkozy, et de sa fondation. La compassion présidentielle doit se montrer.

Les élections approchent.

Ne vomissez pas.
Sarkozy: "On vous aime, on repart et on oublie..."

Le chômage n'a jamais baissé en Sarkofrance
Le chômage ne baisse pas. Le 25 janvier dernier, Nicolas Sarkozy n'avait fait qu'une promesse aux onze témoins rassemblés par TF1 le temps d'une soirée d'intervention présidentielle: le chômage va baisser. Sur le coup, certains commentateurs s'étaient dits que le Monarque devait disposer de quelques statistiques d'avance.

La fausse baisse de décembre
Effectivement, trois jours tard, le ministère de l'emploi confirmait une baisse officielle du nombre de demandeurs d'emploi en décembre 2009. Déjà à l'époque, on pouvait remarquer que cette diminution fort opportune masquait d'inquiétantes évolutions: le nombre de cessations pour défaut d'actualisation étaient en forte hausse par rapport au mois précédent. Pire, à relire la communication de janvier, on réalise que le chômage n'avait finalement pas baissé en décembre... Patatras ! Le story-telling sarkozyen en prend un coup : la direction des études et statistiques (Dares) du ministère de l'Emploi a dû retravailler a posteriori ses chiffres et corrigé, un mois plus tard, les données qu'elle avait livrées en décembre dernier. Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi (?) s'en est expliqué : "Ça joue parfois dans le sens de mauvaises nouvelles, comme en décembre où il était stable; à l'inverse, en novembre, on nous avait dit qu'il y avait une très forte augmentation du chômage, la réalité est qu'elle est beaucoup plus faible". Cette "correction" des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables a produit un résultat contraire aux promesses présidentielles : le nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie A en décembre a été révisé à la hausse de 23.400. Le nombre total d'inscrits (catégories A, B et C) en France métropolitaine, a augmenté "nettement plus" en décembre qu'annoncé initialement (+0,6% au lieu de +0,2%), atteignant 3,849 millions contre 3,823 millions précédemment, "soit une révision de +24.600".

La vraie hausse de janvier
Jeudi dernier, les résultats de janvier sont tombés. Nicolas Sarkozy doit enrager. Le chômage, même officiel, est reparti à la hausse. Que s'est-il passé ? " Le nombre des entrées est supérieur à celui des sorties" commente laconiquement le ministère de l'emploi, dans l'annexe 6a qui détaille les flux d'entrées et de sorties des catégories A, B et C: pour ces trois catégories, 543 000 nouveaux demandeurs se sont inscrits en janvier 2010. Pourtant, Pôle emploi ne chôme pas. Depuis janvier 2009, le nombre d'offres d'emploi collectées est en hausse (+17% sur 12 mois glissants), pour atteindre 272 000 postes. Un chiffre largement insuffisant au regard des demandes d'emplois.

507 000 personnes seulement sont sorties des statistiques de pôle emploi sur le seul mois de janvier. Parmi elles, les cessations d'inscription pour défaut d'actualisation ont encore fortement progressé pour atteindre l'essentiel des sorties du mois : 207 000 en janvier, contre 199 000 en décembre et 165 000 en novembre. Ces "défaut d'actualisation" progressent depuis près d'un an, date de la fusion de l'ANPE avec les ASSEDIC (cf graph ci-joint). Ils correspondent "aux cas où le demandeur d’emploi n’a pas actualisé sa déclaration de situation mensuelle", précise pôle emploi. Il est toujours surprenant de constater que le premier motif d'évolution du chômage n'est pas l'emploi mais le renseignement des fiches de situations à pôle emploi ! Seconde cause de sorties, les reprises d'emploi déclarées ont chuté à 90 000 (contre 107 000 en décembre).

Au total, la France comptait 4,778 millions de demandeurs d'emploi fin janvier 2010, sans compter l'inactivité cachée dans les entreprises (chômage partiel). En données corrigées des variations saisonnières, le chiffre "retombe" à 4,4 millions, et se décompose comme suit :
  • 2,664 millions en catégorie A (+0,7% en janvier, +16% sur un an)
  • 511 000 en catégorie B (-1,1% en janvier, + 9% sur un an)
  • 689 000 en catégorie C (+0,3% en janvier, +24% sur un an)
  • 246 000 en catégorie D (+ 4,7% en janvier, +31% sur un an)
  • 290 000 en catégorie E (-1,7% en janvier, + 29% sur un an).
Sarko prend peur
Devant cette accumulation de mauvaises nouvelles, Nicolas Sarkozy a précipité François Fillon sur le front: "On voit qu'autour de nous le chômage augmente encore très fortement, aux Etats-Unis aujourd'hui même." Ouf ! C'est pire ailleurs. La France ne résiste donc t-elle pas mieux que ces voisins ? L'anxiété présidentielle se lit ailleurs. Il y a moins de 15 jours, lors d'un "sommet social" à l'Elysée, Nicolas Sarkozy bottait en touche sur le cas du million de chômeurs en fin de droits en 2010, dont près de 600 000 n'auront droit à aucune aide sociale de relais. Il fallait d'abord un diagnostic, annoncé pour le mois d'avril. Sans attendre plusieurs longues semaines, voici Laurent Wauquiez qui promet ce qu'il ne pouvait promettre il y a 10 jours à peine : «L'Etat et l'assurance chômage ensemble vont dégager plusieurs centaines de millions d'euros. Fin mars, tout cela doit être opérationnel». «Des gens nous attendent» a commenté le secrétaire d'Etat à l'Emploi. Effectivement. Et depuis des lustres.
Social: le manque de moyens

147ème semaine de Sarkofrance : la monarchie en place
La République n'est pas morte, mais la monarchie sarkozyenne est déjà bien en place. Une monarchie qui nomme, convoque, régule, remercie. Mais une monarchie qui vacille, quand son story-telling est contredit par les faits. Et la réalité, comme toujours, est têtue.

Sarkozy régule
Cette semaine, le président français a tenu à montrer, une nouvelle fois, qu'il incarnait la régulation. Après les banques (l'été dernier), l'automobile (en janvier), voici au tour des dirigeants de Total de se voir convoqués à l'Elysée à cause d'un conflit social dans leur entreprise. N'espérez pas autre chose que des convocations. Point de loi pour mieux répartir les profits («dans trois mois, il tranchera» nous répète-t-on tous les 6 mois), ou réévaluer le rôle des salariés dans la gestion des entreprises. Sarkozy préfère convoquer dès qu'un conflit devient trop symbolique. Et cette fois-ci, il l'est. Total, multinationale multi-profitable, veut fermer une usine de raffinage à Dunkerque. L'Elysée lui avait secrètement demandé d'attendre l'issue des élections régionales pour l'annoncer. Les syndicats ont dévoilé le pot aux roses. La grève s'étend. Total assure la moitié de l'approvisionnement en essence du pays. Voici coup sur coup Thierry Desmaret, le président, puis Christophe de Margery, le directeur général, qui gravissent les marches de l'Elysée, sommés de s'expliquer. Sarkozy doit faire semblant d'être surpris. On imagine l'interrogation commune de Sarkozy et de ces patrons : que va-t-on dire au bon peuple en sortant de la réunion ? La monarchie a cette caractéristique politique bien précise que la régulation émane in fine du monarque et non des corps intermédiaires au premier rang desquels le parlement. En coulisses, certains relèvent que la régulation de l'énergie en France a pris un sacré coup ces dernières années : privatisation de GDF (malgré les promesses de Sarkozy ministre des Finances en 2004), ouverture du marché de l'électricité à la concurrence (Europe oblige), et maintenant un discret décret, paru la semaine dernière, qui conférait l'arbitrage ultime en matière de fixation des tarifs réglementés du gaz à une autorité indépendante. Auparavant, le ministre de l'Economie avait le dernier mot. GDF vient de révéler qu'il s'apprêtait à augmenter de 9% le prix du gaz le 1er avril prochain. En toute légalité sarkozyenne. Que fait Nicolas ?


Sarkozy nomme
Que le frère de Philippe de Villiers devient chef d'état major particulier du président français n'est ni surprenant - vu la carrière de l'intéressé - ni choquant. En revanche, d'autres nominations le furent assurément. Sarkozy a choisi Didier Migaud pour présider la Cour des Comptes, en remplacement de Philippe Séguin. Le socialiste présidait jusqu'à lors la commission des finances de l'Assemblée Nationale. C'est la «relance de l'ouverture», la preuve que nous vivons dans «une démocratie aboutie» ont rapidement commenté quelques zélotes du Monarque élyséen. Vraiment ? Nicolas Sarkozy préfère un socialiste à la tête de cette institution de contrôle, pour deux raisons très simples : primo, il espère chahuter le parti socialiste. Jack Lang ne s'est d'ailleurs pas privé d'applaudir des deux mains avant même que cette nomination ne fut confirmée. Instrumentaliser les nominations à quelques semaines d'une échéance électorale est une opération politique minable. Secundo, tant qu'à être critiqué par la Cour des Comptes, il vaut mieux l'être par un socialiste dont il sera toujours facile de rappeler l'appartenance politique, que par un esprit indépendant de son propre camp.
Nicolas Sarkozy a aussi choisi Michel Charasse pour le conseil constitutionnel. Ce n'est plus de l'ouverture, c'est du retour d'ascenseur pour quelqu'un qui avait reçu en grandes pompes, juste avant le scrutin présidentiel de 2007, le candidat de l'UMP. Charasse a été exclu du parti socialiste officiellement en 2008. Cette nomination, il l'attendait avec gourmandise et ne s'en cachait pas. Le Monarque a également fait placer un ex-responsable internet de l'UMP au sein d'HADOPI, la haute autorité chargée de lutter contre les pirates du Net. Il n'y avait sans doute pas de meilleur candidat. Chez France Télécom, il a trouvé une place à Christine Albanel, son ancienne ministre de la Culture, et Pierre Louet, le patron de l'AFP. Ce dernier, pourtant tout juste réélu à la tête de l'agence, était vivement critiqué par l'UMP en 2008, qui accusait l'agence de rouler pour Ségolène Royal. Les deux travailleront pour Stéphane Richard, ancien dircab de Christine Lagarde, devenu en moins d'un an le patron de France Télécom.

Sarkozy créé
Mercredi, l'Elysée s'est félicité d'une commande d'un paquebot de croisière au constructeur public STX. «La commande de ce nouveau paquebot fournira 5 millions d'heures de travail à STX France» a sobrement commenté Nicolas Sarkozy sur son site internet. Le Monarque créé des emplois jusqu'en Poitou-Charentes. Des emplois, la France en a besoin. Le chômage a encore progressé en janvier. Les commentaires mensuels de ces envolées finissent par être lassants. Le 25 janvier dernier, Nicolas Sarkozy promettait à la télévision que le chômage allait baisser. On a vu. Sur les 4,4 millions de chômeurs que comptent le pays, quelques 323 000 sont les fameux Dispensés de Recherche d'Emploi. Ces derniers ont eu chaud. Laurent Wauquiez vient d'annoncer que Nicolas Sarkozy, dans sa grande clémence (ou sa grande prudence ?) avait décidé de «reconduire exceptionnellement l'allocation équivalent retraite» qui est versée aux seniors au chômage qui ne peuvent pas partir en retraite malgré tous leurs trimestres de cotisation, parce qu'ils n'ont pas encore 60 ans. Mais il y a mieux, ... ou pire : Wauquiez, cette semaine, a dû reconnaître que le chômage n'avait pas baissé en décembre. C'est la faute aux corrections des variations saisonnières. En mars 2009 déjà, le gouvernement avait changé de méthode de comptabilisation des chômeurs, et dissimulé ainsi quelques dizaines de milliers de demandeurs d'emploi. Nicolas Sarkozy s'est abrité derrière la baisse du chômage comme seule et unique réponse aux angoisses professionnelles et sociales des quelques témoins rassemblés par TF1 un soir de janvier. Un mois plus tard, on ne peut qu'être agacé, énervé, déçu par ce story-telling présidentiel permanent qui croit dompter la réalité. En décembre, le chômage a bel et bien augmenté. Du coup, pour se racheter, Laurent Wauquiez a lâché que l'Etat co-financerait pour plusieurs centaines de millions d'euros des aides aux chômeurs en fin de droits. Une promesse qu'il était incapable d'annoncer voici encore 10 jours. Lors du sommet social du 14 février, Sarkozy avait pourtant prévenu qu'il attendrait le diagnostic, en avril, avant de décider quoique ce soit. La Sarkofrance paniquerait-elle ?

La Sarkofrance a peur pour sa crédibilité. L'exemple grec d'un Etat secoué par la spéculation mondiale pour cause de surendettement a marqué les esprits. Là encore, Sarkozy a joué les donneurs de leçons. Depuis 18 mois, il s'est fait le chantre de la régulation de la finance mondiale sur toutes les tribunes mondiales. Tout en protégeant son bouclier fiscal et les autres baisses d'impôts, qui bénéficient en premier lieu aux spéculateurs en tous genres. La France n'est pas mieux lotie que la Grèce. Le gouvernement français escamote comme il peut le dérapage de sa dette publique. Pour défendre son grand emprunt, il se paye des pages de publicité dans tous les journaux du pays figurant une Marianne enceinte souriant à l'horizon. Mieux, il cache dans la CADES, la Caisse d'amortissement de la dette sociale créée par Alain Juppé premier ministre en 1995, quelques 93 milliards d'euros de dettes depuis sa création. Comme la Cades est un organisme juridiquement indépendant, sa dette n'est pas consolidée dans les comptes de la Nation. Et hop ! En 2009, Eric Woerth a innové: il a fait émettre par l'ACOSS, la caisse centrale des URSSAF quelques 65 milliards d'euros de billets de trésorerie pour financer son propre déficit de financement.

Jeudi, Nicolas Sarkozy a révélé combien il était à court d'idées. Il a demandé à Jacques Attali de reconstituer sa commission de 40 experts pour proposer dès la mi-mai « des réformes nouvelles pour accroître le potentiel de croissance de notre pays dans les domaines de la création d'emplois et de la réforme du marché des biens et services pour augmenter le pouvoir d'achat et pour simplifier les procédures qui pèsent sur l'activité économique ».  Habiller l'action politique par la création de commissions aussi vite oubliées est une autre forme de boulimie sarkozyenne.

Sarkozy remercie
Mercredi, le Monarque s'est envolée pour le Gabon, avant d'aller au Rwanda le lendemain. Il veut, et peut, remercier Ali Bongo, fils d'Omar et président du pays. Nicolas Sarkozy aime les dictateurs quand ils sont utiles. Et utile, le Gabon l'est assurément. Le pays est riche en pétrole et surtout en uranium, ce minerai si précieux pour la filière nucléaire française. Sarkozy était accompagné de son fidèle secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet. Ce dernier possède également une société de distribution de bateaux équipés de bois précieux africains. La protection des forêts est un sujet qui importe en Sarkofrance... Au Gabon, Sarkozy a dit l'inverse de la vérité : la France n'aurait pas soutenu la candidature d'Ali Bongo lors des élections présidentielles gabonaises de l'été dernier. Bien sûr. Oubliées les belles promesses de rupture avec le soutien aux dictatures et, notamment, la Françafrique. Le Monarque français a poursuivi son périple au Rwanda, pour un exercice de vraie-fausse repentance. Sur place, il a reconnu les erreurs passées de la France, notamment au moment du génocide de 1994, mais s'est refusé, à plusieurs reprises, d'utiliser le terme d'excuses.: «Nous ne sommes pas ici pour s'amuser, pour faire la course au vocabulaire». On reconnaît qu'on s'est planté, mais on ne s'excuse pas. Voici une courtoisie toute diplomatique !

Sarkozy s'inquiète
Tout monarque qu'il est, Nicolas Sarkozy s'inquiète. La France ne répond pas à ses attentes. Deux ans et demi déjà qu'il est impopulaire. Jamais il n'a réussi à redresser la barre. Les élections régionales approchent. Ses proches choisissent une ligne dure, faite de coups bas et de dérapages. Marie-Luce Penchard ne semble pas s'être remise de sa gaffe quand elle déclarait voici 15 jours qu'elle souhaitait réserver un maximum de fonds publics de l'Outre-Mer à la seule Guadeloupe où elle est candidate. Une gaffe qui a provoqué l'ire présidentielle à en croire le Canard Enchaîné. Samedi dernier, deux zélotes de l'UMP ont attaqué un candidat socialiste, Ali Soumaré, l'accusant d'être un «délinquant multirécidiviste chevronné». Des trois accusations, l'une est fausse, l'autre invérifiable pour quiconque n'a pas accès au fichier STIC de la police, et la troisième purgée depuis plus de 5 ans. Un temps sonnés par la grossièreté de leur propre bassesse, les dirigeants de l'UMP se sont ressaisis en début de semaine, vantant l'exigence de transparence des passés judiciaires des candidats. «La transparence est une condition indispensable quand on sollicite la confiance des électeurs» a déclaré Xavier Bertrand mercredi. «Il faut qu'il y ait un avant Soumaré et un après Soumaré» a renchéri l'ineffable Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP. Bizarrement, M. Lefebvre n'a jamais eu les mêmes exigences de transparence sur ses propres liens avec les milieux d'affaires via son cabinet de lobbying.

Samedi, le Salon de l'Agriculture a ouvert ses portes à Paris. Nicolas Sarkozy n'était pas là pour l'inauguration. Cette manifestation est une épreuve pour lui, une confrontation avec une réalité qu'il déteste.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?


Credit photo
Diviser pour mieux régner

Sarkozy en Françafrique
Après Haïti, la Martinique et la Guyane la semaine dernière, Nicolas Sarkozy voyage encore, cette fois-ci en Françafrique. Le voici au Gabon, puis au Rwanda. Rappelez-vous ces déclarations, pas si vieilles que cela: « Nous ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays dirigés par des régimes corrompus. [...] Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’Homme au nom de nos intérêts économiques. » Deux ans plus tard, la Françafrique est bien là. Le petit crochet par le Gabon est là pour le rappeler à tous.

Le Gabon reconnaissant
En juin dernier, Nicolas Sarkozy avait été hué lors des funérailles d'Omar Bongo. Les sifflets étaient plutôt destinés aux médias français, avait-il expliqué. Il était surtout le seul chef d'Etat occidental présent à cette cérémonie, signe d'un attachement indéfectible. En août dernier, un scrutin présidentiel contesté plaçait Ali, fils d'Omar, à la tête du pays. Des émeutes font une quinzaine de morts (3 selon la police). La France n'avait pas de candidat... officiellement. Le secrétaire d'Etat Alain Joyandet explique que l'élection a été «acceptable». La France est neutre, la Françafrique, c'est fini ! Puis, patatras ! Un avocat lobbyiste historique de la Françafrique, Robert Bourgi, rappelait publiquement et brutalement le gros morceau que tout le monde savait : Jean-Marie Bockel, prédécesseur de Joyandet à la Coopération, a été viré de son poste sur un simple coup de fil d'Omar Bongo l'an passé. La Françafrique est bien vivante. Sur place, Nicolas Sarkozy a démenti tout soutien au fils Bongo lors du dernier scrutin: «J'ai grande confiance dans votre président, mais je défie quiconque de pouvoir démontrer que la France avait un candidat dans l'élection présidentielle. Ceux qui qui disent cela ne connaissent pas l'Afrique et ne connaissent pas la France». Et si c'était justement l'inverse ?

Pour ce voyage, Nicolas Sarkozy est allé s'incliner, évidemment, devant le mausolée de feu le président Omar Bongo Ondimba. Bernard Kouchner est du voyage, lui qui fut salarié - pardon - consultant de l'Etat Gabonais jusqu'à quelques jours avant de prendre ses fonctions de ministre des Affaires Etrangères en 2007. Alain Joyandet accompagne aussi son président. Il commerce souvent avec l'Afrique. Son entreprise de distribution de bateaux de plaisance utilise des bois précieux africains. Au Gabon, Nicolas Sarkozy a promis l'annulation d'une partie de la dette gabonaise en échange d'un programme de lutte contre la déforestation... Sans blague ?

Nicolas Sarkozy aime les dictateurs quand ils sont utiles. Et utile, le Gabon l'est assurément. La semaine dernière, la France a dû se résoudre à fermer sa base militaire au Sénégal. Il ne restera qu'une implantation militaire française en Afrique... au Gabon. Comme le rapporte Régis Soubrouillard (Marianne2), l'Elysée a fait préparer un plan d'action stratégique avec le Gabon pour solidifier son implantation : « appui aux forces armées gabonaises dans un cadre régional » ; « formation de la police et de la gendarmerie dans la perspective de la Coupe d’Afrique des Nations 2012 » ; « bonne gouvernance avec la réforme de l’administration » ;  annulations de dettes « reconverties pour la préservation de la forêt » ; ainsi qu'une flopée de nouvelles aides au développement dans les domaines des infrastructures de transport ou d'énergie. Le Gabon est également un site crucial pour la filière nucléaire française. Et partout en Afrique, la France s'inquiète pour l'avenir de ces ressources cruciales pour la crédibilité de son discours pro-nucléaire. Au Niger voisin, l'Elysée voit ainsi d'un mauvais oeil les tentatives chinoises et iraniennes.

Nicolas Sarkozy a justement visité le «Centre international de recherche médicale de Franceville», le Cirmf. Ne vous y trompez pas. Cet établissement est financé par Total, ainsi que les Etats français et gabonais. Il y a quelques jours, le CIRMF était soupçonné d'avoir déversé des produits chimiques dans la nature. Une filiale d'Areva a porté plainte contre X.

Rwanda, la réconciliation ?
Le pouvoir rwandais n'a cessé d'accuser la France d'avoir été complice du génocide des Tutsis en 1994. Aujourd'hui serait venu le temps de la réconciliation. Certains voient dans cette visite de Sarkozy une mauvaise affaire. Le Rwanda a peu de ressources naturelles, peu d'habitants (9 millions) et n'a jamais été une colonie française. La visite étonne. Nicolas Sarkozy aime les dictateurs quand ils sont utiles. En quoi Paul Kagame est-il «utile» ?

Pendant cette visite, Nicolas Sarkozy a dénoncé les «graves erreurs d'appréciation, une forme d'aveuglement quand nous n'avons pas vu la dimension génocidaire du gouvernement du président qui a été assassiné, des erreurs dans une opération Turquoise engagée trop tardivement et sans doute trop peu». «Ce qui s'est passsé ici est inacceptable, mais ce qui s'est passé ici oblige la communauté internationale, dont la France, à réfléchir à ses erreurs qui l'ont empêchée de prévenir et d'arrêter ce crime épouvantable». Le Monarque reconnaît donc les erreurs de la France, mais ne s'excuse pas. Un curieux concept, très diplomatique. Pas de repentance, Nicolas Sarkozy déteste cela. Un journaliste lui a tendu pourtant la perche, en citant les exemples de la Belgique et de Bill Clinton, qui ont présenté des excuses au Rwanda. Sarkozy s'est agacé : «chaque pays a son histoire». «Nous ne sommes pas ici pour s'amuser, pour faire la course au vocabulaire». Plus tard, lors d'une visite d'un musée retraçant l'histoire du pays, le président français n'a pas bronché quand le guide l'interpela - «à deux reprises» rapporte l'envoyé spécial du Figaro - sur le rôle de la France dans le génocide de 1994. Le visage à peine souriant marqué par ses voyages successifs, la chaleur et la tension particulière de cette visite, Nicolas Sarkozy s'est prêté au jeu de la photo «serrage de main» avec son homologue rwandais.

Au Rwanda, Nicolas Sarkozy souhaite se donner une stature qu'il n'a pas. Le processus de réconciliation entre la France et le Rwanda a été long. Le paradoxe est qu'il fallut attendre un Monarque élu sur une promesse de cesser toute repentance pour en arriver là.

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